Sasieni

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L'article qui suit est tiré de Connecting the Dots (Reliez les points) de Stephen P.Smith et utilisé avec son autorisation. N'hésitez pas à ajouter des informations en plus, mais ne changez rien de celles tirées de l'article de Steve – l'administrateur de Pipedia

Le premier atelier de l'usine Sasieni avec l'aimable autorisation de Doug Valitchka

Reliez les points : Brève histoire de la pipe Sasieni

Par Stephen P. Smith

Une des premières 8-dot “Arundel”, avec l'aimable autorisation de G.L.Pease
Superbe 8-dot “Bedford”, avec l'aimable autorisation de G.L.Pease
“Buckingham,” une grande billiard classique assez semblable à la Dunhill LBS, avec l'aimable autorisation de G.L.Pease
1926 8-dot, forme #44, finition prune, avec l'aimable autorisation de G.L.Pease
300pxTapered bulldogs. La Rustic du dessus est une des premières 1-dot (un unique point de chaque côté du tuyau). La Rough Root en dessous est une version 4-dot tardive de forme “Brooklands” shape. avec l'aimable autorisation de G.L.Pease
Une des premières 4-dot Danzey” bent bulldog sporting précoce n° de brevet 150221/20.
Catalogue des formes Sasieni avec l'aimable autorisation de Doug Valitchka

Dans son livre "“The Ultimate Pipe Book”, Richard Carleton Hacker écrit que les collectionneurs de pipe américains "semblent davantage intéressés par les noms de marques "fumables" dont les plus collectionnables sont Dunhill, Barling, Sasieni et Charatan". Theodore Justin Gange, le défunt éditeur du regretté " The Compleat Smoker”,écrit que les pipes Sasieni ont un potentiel de collection passionnant…qui représente tout ce qu'il y a de bon dans la fabrication des pipes anglaises classiques. Et ce pour une bonne raison : les pipes fabriquées par l'entreprise Sasieni entre 1919 et 1979 comptent parmi les toutes meilleures que l'industrie pipière de Londres ait pu proposer. Elles présentent un bois superbe, des têtes sans défaut, des qualités de fumage hors pair, et un style qui les rend uniques.

Malgré tout cela, les Sasieni sont parmi les pipes les plus sous-estimées sur le marché de la collection, vendues habituellement très en dessous de leur réelle valeur. En cela elles offrent au collectionneur astucieux une véritable opportunité, qu'il ou elle recherche une pipe qui puisse prendre de la valeur ou tout simplement une pipe de grande qualité à un prix raisonnable.

Cependant, afin que le collectionneur puisse en tirer avantage, il est d'une importance cruciale de prendre en compte le fait que l'entreprise Sasieni a changé de mains en deux occasions, et que chaque propriétaire a eu des priorités et des agendas différents. Sans surprise, cela s'est répercuté sur la qualité des pipes fabriquées à ces différentes périodes. Toutes portent le nom Sasieni, mais pourtant il s'agit de pipes très différentes.

On peut diviser l'histoire de Sasieni en trois périodes, comme pour Barling. En fait, tout au long de cet article, je me référerai aux périodes Sasieni Pré-transition, Sasieni Transition, et Sasieni Post-Transition. Bien que quelques-uns puissent sourciller, je crois qu'il apparaîtra clairement que ces classifications sont parfaitement appropriées.

Par conséquent, il doit également être clair que le collectionneur doit être capable de distinguer les Sasieni des différentes époques, car ce sont pour l'essentiel les Sasieni fabriquées par la famille entre 1919 et 1979 que les collectionneurs doivent rechercher. Les deux utilités de cet article, donc, sont d'une part de retracer l'histoire des pipes Sasieni, et d'autre part de permettre aux collectionneurs de juger, avec un degré raisonnable de certitude, l'époque à laquelle la Sasieni en question a été fabriquée.

Brève histoire de l'entreprise Sasieni

Brevet vers 1924 avec l'aimable autorisation de Doug Valitchka

Il y a une bonne part de mystère qui entoure les pipes Sasieni, mystère qui tient largement à la rareté de l'information écrite sur ce sujet, comme c'est souvent le cas pour beaucoup de pipes de collection. Même le nom du fondateur a fait l'objet d'un débat. Une source estimée dit que le fondateur s'appelail "Joel" Sasieni. Une autre source également réputée affirme avec une égale certitude que son nom était "Joseph" Sasieni. (Un troisième, plutôt moins fiable, m'a dit un jour que "Joe" et "Joseph" étaient frères, mais je pense que nous pouvons à coup sûr éliminer cette hypothèse). Un vieux catalogue Sasieni qui a failli me rendre fou identifie le fondateur comme étant "J. Sasieni". Toutefois, quelques recherches au Bureau des Brevets U.S. indiquent de façon définitive que son prénom était Joel.

Joel Sasieni fit son apprentissage chez Charatan, puis alla chez Dunhill, chez qui il atteint au final le poste de directeur d'usine. Beaucoup se seraient parfaitement contentés d'une telle position, mais pas Mr Sasieni. Il ouvrit sa propre usine en 1919, en espérant pouvoir améliorer certaines de méthodes de chez Dunhill. Mr Sasieni était, à tout le moins, un optimiste.

Les choses ne furent pas simples pour la nouvelle entreprise. L'usine brûla presque immédiatement. D'apparence imperturbable Mr Sasieni reconstruit tout simplement l'usine et alla de l'avant.

Un des changements qu'il apporta à ses pipes fut dans la méthode de séchage des têtes. Alors que les blocs de bruyère étaient séchés à l'air, comme chez Barling, Sasieni introduisit une étape supplémentaire par le "séchage au four" de ses pipes. Chacune des têtes était séchée dans un four durant six semaines, retirées périodiquement pas un employé de l'usine, qui devait essuyer avec un chiffon l'humidité qui suintait de la tête, et vérifier qu'il n'y ait pas de fissures. Le résultat final était que les pipes Sasieni (du moins celles qui survivaient) étaient extrêmement sèches à fumer.

Sasieni n'avait pas oublié que le succès de Dunhill était venu avec son célèbre logo "White Spot", et comme il ne pouvait manifestement copier exactement le logo, il ne vit semble-t'il aucun problème à le réinterpréter un brin. Ainsi, chaque Sasieni qui sortait de l'usine portait un unique point bleu sur le tuyau.

Il n'est pas surprenant que l'idée de son ancien employé, rivalisant avec lui en utilisant une marque de fabrique très semblable, ne fit pas exactement plaisir à Dunhill. Il entama une procédure juridique à la fois au Royaume-Uni et aux USA. Sasieni fut sauvé en Angleterre par les lois sur les marques plutôt floues dans ce pays, et les Sasieni One Dot continuèrent d'être fabriquées pour le marché européen pour encore plusieurs décennies.

Sasieni n'eut pas tant de chance aux USA, où, dès les années 20 il avait trouvé un public enthousiaste. Dans une première tentative pour se mettre en règle avec les lois américaines sur les brevets, Sasieni déplaça le point bleu sur le côté de la pipe. Ceci malheureusement ne suffit pas, et seules quelques Sasieni avec le point sur le côté furent fabriquées, ce qui en fait aujourd'hui des pièces de collection extrêmement rares.

Donc, et merci en partie aux avocats en brevet de Dunhill, l'un des plus célèbres logos de l'industrie de la pipe était né. Afin de clairement différencier ses pipes de celles de chez Dunhill, et aussi distinguer les pipes du marché américain de toutes les autres (les pipes du marché américain avaient à l'origine trois mois de garantie, bien qu'au milieu des années trente celle-ci fut étendue à un an), Sasieni mit quatre points bleus sur ses tuyaux de pipes, leur donnant une forme de losange allongé.

Ce logo spécifique connut immédiatement le succès aux USA, où, parallèlement aux exceptionnelles qualités des pipes, il contribua à vendre celles-ci en de si grandes quantités que l'usine eût du mal à faire face à la demande. Dans les années 30, plus de 90 % de la production Sasieni partait dans les boutiques américaines.

Oui, mais nous les Américains sommes des gens agités, nous ne savons jamais quand on doit s'arrêter. Aussi énamouré que le marché américain puisse être des quatre points bleus, l'importateur voulait être sûr qu'on pourrait les voir qu'on soit d'un côté ou de l'autre du fumeur. Par conséquent, Sasieni, à contre-cœur selon certains, accepta de mettre quatre points de plus sur le côté droit du tuyau.

La Sasieni à huit points est à présent la plus recherchée de toutes les pipes Sasieni, du fait à la fois de sa rareté et du fait que, contrairement à d'autres Sasieni, le collectionneur peut être raisonnablement certain de l'époque à laquelle la pipe a été fabriquée. La Huit Point a fait ses débuts à la fin des années 20 ou au tout début des années 30, et la production s'est interrompue durant la Seconde Guerre Mondiale du fait des inévitables restrictions d'approvisionnement. De même que la Quatre Points, la Huit Points avait son logo fabriqué en insérant à la main des petits ronds de plastique bleu dans des trous percés dans le tuyau, selon un procédé identique à celui utilisé par Dunhill pour son unique White Spot.

C’était un procédé horriblement difficile, même sur les Four Dot (Quatre Points) dont chacun devait être parfaitement placé de manière à dessiner le losange voulu, et de plus sur les Eight Dot (Huit Points) les deux côtés devaient être symétriques. Pour autant il est rare de trouver un tuyau Sasieni d’origine sur lequel les points soient le moindrement décalés. Ceci en soi témoigne de la minutie avec laquelle Mr Sasieni s’appliquait à la tâche. Cela rend également assez facile de repérer un faux tuyau Sasieni.

Les Eight Dot et les FourDot étaient toutes deux commercialisées aux U.S.A avant-guerre, les Eight Dots coûtant cependant plus cher, alors que les deux pipes étaient faites de la même bruyère.

Les années d’après-guerre apportèrent de nombreux changements chez Sasieni, dont le moindre ne fut pas le décès de Mr Sasieni lui-même en 1946. Son fils Alfred (nommé peut-être ainsi d’après le nom du rival et ancien patron de son père) se montra un digne successeur dans l’affaire paternelle, et l’entreprise continua sous sa direction. Ce fut vers cette époque que l’entreprise commença de marquer « Four Dot » sur la tige des pipes, afin de tirer davantage parti de la désormais célèbre marque prestigieuse. Il y eut également d’autres changements à la fois dans la nomenclature des tiges et sur les points eux-mêmes, changements sur lesquels nous reviendrons en détail plus loin.

Durant l’Après-Guerre, Sasieni accumula formes et gammes. Alors que la Four Dot demeurait le produit le plus célèbre, l’entreprise vendit également des gammes de « second choix » sous différents noms, tels que Mayfair, Fantail, Olde English et Friar. Il s’agissait de pipes taillées dans de la bonne bruyère, mais qui possédaient une ou plusieurs imperfections, habituellement colmatées par du mastic. Ces pipes qui sans cela, pour certaines, auraient été assez bonnes pour faire des Four Dot étaient alors vendues en tant que Two Dot. Je possède deux de ces pipes dans ma collection. Toutes deux sont assez surprenantes, montrant des formes de toute beauté et un grain exceptionnel. Au début je me suis demandé pourquoi ce n’étaient pas des Four Dot. Finalement, après une inspection minutieuse, j’ai découvert que chaque pipe recelait une minuscule fissure mastiquée. En dépit de cela elles demeurent deux de mes pipes favorites. En tout cas, il est clair que Sasieni n’entendait appliquer le logo Four Dot que sur des pipes parfaites.


Brevet Fantail Sasieni 21 juillet 1953 avec l'aimable autorisation de Doug Valitchka
Publicité Fishtail des environs de 1930 avec l'aimable autorisation de Doug Valitchka
Publicité pour une Rustic présentant l'"extension" avec l'aimable autorisation de Doug Valitchka



Une des premières brochures avec l'aimable autorisation de Doug Valitchka
Page de catalogue époque post transition?, avec l'aimable autorisation de Doug Valitchka

Alfred Sasieni continua à diriger une compagnie florissante jusqu’en 1979, date à laquelle il la revendit à une autre firme. Curieusement, il demeura dans l’entreprise au poste de directeur. Au début il semblait s’agir d’un partenariat harmonieux. Les nouveaux propriétaires débutèrent leur mandat par la réédition d’une Eight Dot en édition limitée. C’étaient des pipes de taille imposante, au fini lisse et naturel, qui pour certaines portaient une bague d’or. Chaque pipe avait un ruban bleu qui courait du foyer, à la tige puis au tuyau, fixé avec une sceau de plomb et une étiquette signée d’Alfred Sasieni en personne. Ces pipes sont à la fois remarquablement belles et follement hors d’atteinte, du fait qu’on en réalisa uniquement 100 (ou un peu plus, selon les récits).

Cet esprit de coopération entre ancien et nouveaux propriétaires ne semble pas avoir duré longtemps. Alfred Sasieni croyait que seule l’ébonite devait être utilisée pour les tuyaux, rejetant l’acrylique nouveau et plus tendance. Lorsque les nouveaux propriétaires, allant à l’encontre d’Alfred, sortirent une nouvelle Ten Dot munie d’un tuyau d’acrylique, Alfred décida qu’il en avait assez, et quitta l’entreprise pour de bon.

Les nouveaux propriétaires de ce qu’on pourrait appeler à juste titre l’entreprise “de transition” continuèrent à fabriquer des pipes de grande qualité en utilisant le bois et les méthodes héritées de la période d’Alfred. Toutefois ces pipes ne sont pas aussi recherchées que les pipes de l’époque familiale, et le collectionneur doit être capable de faire la différence entre les deux.

Les nouveaux propriétaires ne semblent pas avoir conservé leur intérêt pour la fabrication des pipes durant très longtemps, puisqu’ils vendirent une nouvelle fois l’entreprise en 1986. Malheureusement, cette nouvelle entreprise “Post-Transition", décida d’abandonner le marché des pipes haut de gamme, et en lieu et place transforma les Sasieni en pipes de moyenne gamme, une métamorphose dont elles ne se sont pas encore relevé. Les nouveaux propriétaires décidèrent de tirer parti de la mystique des Four Dot, en éliminant toutes les gammes « secondaires», et en sortant quasiment tout et n’importe quoi sous la bannière Sasieni en tant que Four Dot. Ceci a eu comme effet imparable que baisser la qualité générale de la gamme. Pour la première fois, il était possible de trouver une Four Dot avec un mastic, ce qui aurait été inconcevable lorsque la famille dirigeait l’entreprise. Même l’entreprise de « Transition » avait préservé l’intégrité des Four Dot en vendant les pipes mastiquées sous une gamme différente.

De façon ironique, on est en général d’accord pour dire qu’aujourd’hui les deux marchés qui fonctionnent dans ce pays sont celui du « Haut de Gamme » et celui du « Bas de gamme », celui des pipes entre 35 et 100 $ étant le plus atone, précisément la gamme dans laquelle sont désormais vendues les nouvelles Sasieni. Heureusement, des changements manifestes dans la nomenclature – pour ne rien dire de la présence de mastic- rend une Sasieni « Post – Transition » aisément détectable.

Datation des Sasieni

Non, ça n’a rien à voir avec proposer à la pipe d’aller au cinéma. (ndt : le titre en anglais est « dating a Sasieni », jeu de mot entre le verbe to date – sortir avec quelqu’un- et son autre sens lié à la chronologie, d’où la remarque de l’auteur sur le cinéma). Comme je l’ai dit plus haut, il est important d’être capable de dater une Sasieni que vous envisagez d’acheter. Les Sasieni Pre-Transition, ainsi que je les appellerai désormais, sont évidemment les plus collectionnables et attirantes, les pipes de l’époque Transition l’étant à la marge (bien que les Eight Dot commémoratives, si vous pouvez en trouver une, soit une réelle pièce de collection), mais les Sasieni Post-Transition n’ont que très peu si pas du tout de valeur en collection.

A la différence de Dunhill, Sasieni (et en fait la plupart des marques de pipes) ne dispose pas d’un système clair pour dater l’année de production de la pipe. Cependant, en étant au fait d’un système certes quelque peu obscur de nomenclature, de numéros de brevet et de combinaison de points, il est possible de restreindre la date de fabrication de votre Sasieni à une certaine époque, et quelquefois même à une certaine décennie.

De façon ironique, les pipes d’avant la Seconde Guerre Mondiale sont plus faciles à dater que celles d’Après-Guerre, car Joel Sasieni changeait constamment de petits détails qui aident à dater la pipe. Son fils Alfred semble avoir fait quelques changements dans la nomenclature au début, après avoir pris la tête de l’entreprise en 1946, et s'est contenté ensuite de laisser les choses en l’état. La nomenclature Sasieni a très peu changé entre 1950 et 1979, bien que la compagnie ait continué à créer de nouvelles formes et de nouvelles finitions.

Pour commencer, on trouve trois principaux éléments pour dater les pipes Sasieni, le numéro de brevet, le style du nom “Sasieni” tel qu’il apparaît sur la tige et les points eux-même. Naturellement, ces règles souffrent des exceptions (ce passe-temps serait bien ennuyeux sans cela), mais pour la plus grande part ces principes fonctionnent bien dans plus de 95% des cas. Toutes les Sasieni One, Four et Eight Dot fabriquées avant la Seconde Guerre Mondiale et destinées au marché américain portent un numéro de brevet sur la tige qui débute habituellement par le nombre « 15 », les numéros 150221/20 et 1513428 étant représentatifs du groupe. De plus le nom « Sasieni » avait un marquage très ornementé, avec la queue du dernier « i » revenant souligner le nom en formant ce que plus d’un collectionneur a comparé à un poisson. Cette écriture fut abandonnée par Alfred presque au moment où il reprit les rênes de l’entreprise, aussi rien que cela vous indique que cette pipe date d’avant la Seconde Guerre Mondiale. En dessous, en capitales, on trouve les mots “London Made”, avec le numéro de brevet marqué sur une troisième ligne.

Les points vous aideront un peu plus. Ainsi que nous l’avons déjà dit, la One Dot qui connut une vie brève sur le marché US, fut introduite vers 1920, et fut remplacée dans la première moitié des années 20 par la Four Dot. La Four Dot de 1920 est reconnaissable par l’écriture Sasieni ornementée, un numéro de brevet et quatre points bleu qui sont assez petits en comparaison des pipes des années d’après-guerre. En outre, à partir de 1935 Sasieni a commencé à marquer ses pipes, d’après leur forme, avec des noms propres qui étaient le plus souvent, mais pas toujours, des villes anglaises. Par exemple, les apples étaient marquées “Hurlingham”, les bulldog étaient des “Grosvenor” ou “Danzey”, et les panels étaient des “Lincoln”. Une variante rare et intéressante fut une grande pipe courbe (large bent) nommée “Viscount Lascelles”. Même sur ce marché Sasieni déprimé, ces pipes sont régulièrement vendues pour 150$ lors de leurs rares apparitions.

1-dot des années 1920 en superbe état. L'écriture ornementée avec le paraphe de Sasieni en queue de poisson est nettement visible ici. avec l'aimable autorisation de Mike Ahmadi

Comme indiqué ci-dessus, la Eight Dot apparut à la fin des années 20 ou au début des années 30. Celle-ci aussi avait l’écriture ornée et le numéro de brevet, et la présence ou non d’un nom de ville devrait vous aider à dater cette pipe plus précisément. Bien que cette Eight Dot soit restée au catalogue durant la guerre, on cessa pour ainsi dire de la produire durant la Seconde Guerre Mondiale.

Lorsque Alfred reprit l’entreprise en 1946, tous ces éléments changèrent de façon relativement rapprochée. La première chose qui fut changée fut la nomenclature elle-même. A la place du marquage « Sasieni » compliqué des pipes d’avant-guerre, on utilisa une écriture plus simple quoique encore cursive pour écrire “Sasieni”. On peut le voir sur les pipes porteuses de numéro de brevet qui ont les petits points à l’ancienne façon.

Assez rapidement ensuite, Alfred agrandit de lui-même les points, et ils formèrent alors un losange plutôt équilatéral qu’allongé. Mon intime conviction est que ces points furent élargis pour masquer le fait qu’il n’y en avait plus huit désormais, mais je ne peux pas le prouver. Finalement le numéro de brevet fut abandonné, et le marquage « Four Dot » fut ajouté. On lisait désormais sur la tige ;

 Sasieni
Four Dot
London Made.

Peu de temps après, ce marquage fut modifié pour refléter la finition, p.ex Four Dot Walnut, ou Four Dot Natural. Tous ces changements semblent avoir été faits entre 1946 et 1950. Par conséquent une pipe avec des points de style nouveau et des marquages de style ancien a de façon quasi certaine un tuyau de remplacement.

Ce système ne changea quasiment pas dans les trente années suivantes. Lorsque l’entreprise fut vendue en 1979, une des premières choses que firent les propriétaires fut d’ôter les noms de villes de la tige. Les points furent élargis encore plus, et le nom Sasieni, bien que toujours en cursive, fut plus grand, ainsi que le reste de la nomenclature de la tige, qui par tous ses autres aspects était semblable à la nomenclature Pre-Transition. Bien que ces pipes ne soient pas aussi recherchées que les pipes fabriquées par la famille Sasieni, elles étaient faites avec soin et étaient d’une grande qualité.

La nomenclature changea encore en 1986, lorsque la compagnie fut revendue à l’entreprise de « Post-Transition ». La nomenclature sur trois lignes fut réduite à deux, la première indiquant “Sasieni 4 Dot” et la seconde indiquant la finition, p. ex. Natural, Walnut, or Ruff Root. A noter la façon dont le "4 Dot" est orthographié, en utilisant un chiffre arabe pour le 4, contrairement à l’écriture ancienne du mot « Four ».C’est la façon la plus facile de détecter une Sasieni Post-Transition, du fait que la nouvelle entreprise a utilisé indifféremment l’écriture cursive ou les capitales pour écrire “Sasieni” sur la tige.

Comme mentionné plus haut, on trouve des exceptions à ces grandes lignes, ce qui peut être frustrant. L’erreur sans doute la plus redoutée, dans notre petit monde Sasieni soigneusement construit, c’est la One Dot européenne. Ainsi qu’on s’en souvient, Sasieni n’a rencontré aucun problème pour garder sa marque de fabrique d’origine en Europe, en dépit des gros efforts de Dunhill pour l’interdire. C’est valable pour les pipes fabriquées pour le marché européen jusqu’aux années soixante. En cas de doute, vérifier le reste de la nomenclature. Un marquage à l’ancienne (pensez simplement au poisson) indique une pipe ancienne.

Les plus difficiles à distinguer des One Dot US des années 20 sont les One Dot européennes fabriquées dans les années 30 et 40. Dans ce cas vous avez seulement à connaître les numéros de brevet et espérer tomber sur le meilleur, tout en gardant à l’esprit que pratiquement toutes les Sasieni d’avant-guerre sont des pièces de collection. Quoi qu’il en soit, on trouve rarement de ces pipes aux Etats-Unis.

Un petit nombre de pipes, comme les finitions prune, ont gardé leur numéro de brevet (patent number) après la guerre. Là encore, tout savoir sur les points et le style d’écriture vous aidera à ne pas vous tromper dans la datation de ces pipes.

Pourquoi collectionner les Sasieni ?

Vieille brochure présentant la Sasieni Stump avec l'aimable autorisation de Doug Valitchka

thumbPage de brochure présentant des 4-dot avec l'aimable autorisation de Doug Valitchka

Un des premiers tableau des formes Old England avec l'aimable autorisation de Doug Valitchka
Tableau des formes avec l'aimable autorisation de Doug Valitchka

On peut trouver de nombreuses raisons de collectionner ces pipes, qui vont de l’aspect purement monétaire à l’esthétique ou l’ésotérique. Bien que moi-même je ne collectionne pas les pipes pour gagner de l’argent, et que je ne le conseille pas non plus, le fait demeure qu’une pipe haut de gamme (high grade), une pipe sans défaut, ou de première qualité vendue généralement pour moins de 100$ et souvent moins de 50 $ conserve sûrement un potentiel de valorisation. Le défunt Barry Levin lui-même, qui faisait autorité en la matière, m’a dit un jour qu’il pensait que les Sasieni étaient fortement sous- évaluées, mais qu’au fil du temps elles trouveraient un jour ou l’autre leur juste place à côté de Dunhill et Barling, quand les gens apprécieront enfin leurs merveilleuses qualités.

On trouve de nombreuses théories expliquant la morosité du marché concernant ces pipes, la plus logique et la plus acceptée met en avant le prix bas des pipes fabriquées actuellement. Les vendeurs sont souvent réticents à vendre une pipe estate plus cher qu’une pipe neuve de la même marque et les acheteurs réticents à payer plus. Toutefois Il est important de garder à l’esprit qu’il y a une énorme différence de qualité entre une Sasieni Pre-Transition et une Post-Transition. Les pipes anciennes devraient se vendre plus cher que les nouvelles, tout simplement parce que leur qualité est nettement supérieure.

Toute considération financière à part, il y a de nombreuses autres raisons de collectionner les Sasieni. En premier lieu, et à l’inverse de nombreuses pipes de collection, les Sasieni sont somme toute datables, contrairement à la croyance populaire. La capacité de pouvoir dater une Sasieni au minimum à l’intérieur d’une époque définie, et parfois même à l’intérieur d’une décennie, non seulement améliore notre connaissance de ces pipes, mais nous assure également de dépenser notre argent à bon escient.

En outre, il y a la compagnie en elle-même. Sasieni était une entreprise familiale, menée par des gens qui tiraient une grande fierté de leur travail. L’entreprise a eu une histoire intéressante, en lieu avec deux autres grandes entreprises anglaises, Dunhill et Charatan, dont on peut parfois sentir l’influence dans les pipes Sasieni.

Plus important, il y a la pipe en elle-même. Parfois il semble que les collectionneurs négligent le fait que le but ultime d’une pipe est d’être une excellente fumeuse. Les Sasieni Pre-Transition répondaient parfaitement à cet objectif et continuent à le faire. Les vieilles Sasieni étaient réputées pour fumer extrêmement sec, et même aujourd’hui une Sasieni bien entretenue donnera une fumée fraîche et sèche, même si la pipe a dépassé soixante-dix ans. Bien que les Sasieni Pre-Transition soient ordinairement disponibles en estate, à l’occasion un collectionneur chanceux peut en trouver une neuve (non fumée).

Au-dessus de tout, la pipe est un vrai plaisir pour les yeux. Le bois est d’un très beau grain, montrant habituellement des cross-cuts remarquables et des bird-eyes époustouflants, ainsi qu’à l’occasion un grain droit (straight grain). Les Four et Eight Dot, ainsi que les premières One Dot avaient toujours des têtes sans défaut. Toute pipe avec ne serait-ce que la plus minime des fissure était déclassée dans la gamme « second ».

Un des avantages des Sasieni, que j’ai rarement, si ce n’est jamais,vu citer doit être mentionné ici. La gamme des formes Sasieni, particulièrement d’avant-guerre, a la réputation imméritée d’être réduite et exagérément conservatrice. Pourtant dès 1935 leur catalogue montrait pas moins de 50 formes différentes ! Au fur et à mesure qu’on acquiert davantage de ces pipes, on est régulièrement surpris par des formes inhabituelles, qui démontrent peut-être l’influence de Charatan. Quiconque a déjà vu la forme connue sous le nom d’Exeter, qu’on pourrait décrire comme une sorte de « bull moose free hand » comprendra ce que je veux dire.

A côté de l’Exeter, je possède dans ma propre collection une One Dot de 1920 de la forme d’une pipe en terre, avec le foyer penché en avant et un talon en-dessous, ainsi qu’une Two Dot des années 70, qu’on pourrait décrire comme une sorte de poire au foyer penché et à la tige en losange (Sasieni n’utilisait des noms-de ville que pour baptiser les Four et Eight Dot). Les Sasieni sont à dire vrai pleines de surprise. Je n’ai aucun doute que si je continue à agrandir ma collection je découvrirai encore plus de formes inhabituelles.

Sasieni was also a pioneer in the concept of “Ladies’ Pipes”. Three styles, the “Argyle”, the “Montrose”, and the “Dorset” were designed specifically for ladies. Unlike many so-called ladies’ pipes, these pipes did not mar the finish with colored lacquer, or have a bowl so small the lady in question could only get a five minute smoke. Instead, they had reasonably sized bowls, and long slender stems and shanks. The “Argyle” and “Montrose” were carved and smooth versions of a Billiard, respectively, and the “Dorset” was a carved oval shaped bowl. Needless to say, these pipes could be enjoyed by anyone who simply wanted a smaller, slimmer pipe, as the finishes were exactly the same as the rest of the Sasieni line.

Finally, there are the dots. This may sound a bit silly to the non-Sasieni collector, but Sasieni collectors know exactly what I mean. Sasieni collectors have a fascination with the striking logo, which is both distinctive yet tasteful. Some would say it has an almost mystical quality about it. Over the years, the dots have changed both in size and color (although many of the seeming color “variations” are simply a result of aging.) Over the years the dots ranged in color from light blue to a vivid sky blue. Many collectors are as enthralled with the dot variations as with the pipe itself!

The delights of this pipe are almost endless. They deliver a great smoke, visual enjoyment, and maybe even the possibility of monetary appreciation. They deserve to take their place next to the other great collectible pipes of England’s recent past, and perhaps, with more understanding on the part of collectors, they will.

Some Acknowledgments

Courtesy Doug Valitchka

*It is impossible to write an article such as this without a lot of help from other people, and indeed, I received a great deal of help from the pipe collecting community, from both the famous and the obscure. It never ceases to amaze me that I could call someone from out of the blue, and, upon identifying myself as a fellow pipe collector, have that person gladly, often enthusiastically, drop whatever he was doing and talk to me about pipes for an hour or more.

  • An article like this is never truly finished. Just when I think I’ve got it all figured out, I’ll talk to another collector, or read another magazine article, or come across some bit of long hidden information, and be forced to reconsider my ideas. Should anyone have anything to add to this article, I would enthusiastically welcome your call. My office number is (617) 878-1300.
  • Thanks first and foremost go to Theodore Justin Gage, former publisher of “The Compleat Smoker”, and Richard Carleton Hacker, author of “The Ultimate Pipe Book”. Both men graciously allowed me to quote from their published works, and gave generously of their time on three separate occasions each, even though neither of them was expecting a call from yours truly. Richard Carleton Hacker literally allowed his dinner to get cold one evening while he answered my many questions.
  • Thanks are due to Jim Cooke, the Vermont alchemist without whom there would be far fewer estate pieces in our collections. Jim answered many questions concerning the inner workings of the Sasieni pipe, describing in almost torturous detail the steps involved in creating the Eight Dot stem.
  • Many estate pipe dealers also gave generously of their time. Thanks go to Nikos Levin, Steve Leaders, and Jack Ehrmantraut, for discussing at length with me the current state of the Sasieni market.
  • Of course, there is the pipe collecting community itself, that legion of relentless individuals who scour the dark places in search of collectible briar. Thanks to Red Coombes, who played a crucial role in helping me verify the very existence of the seemingly apocryphal Ten Dot Sasieni. Thanks also to Mike Reschke, the well known Parker collector who’s also pretty smart when it comes to Sasieni’s. Mike introduced me to Jim Copic, and what amazing conversations those were! I felt like I had hit the mother lode! Jim enthusiastically collects not only pipes but hard to find ephemera, and was an invaluable source of information about all kinds of obscure facts, including details of the Sasieni guarantee.
  • And finally, thanks to the members of the Massachusetts based Sherlock Holmes Pipe Club, particularly our fearless leader, Col. Don Powers, who encouraged me to write this article when I myself had grave doubts about the project (”Aw shucks, Don! I don’t know nothin’ about writin’ in no fancy magazine!”), and who if fact got me started on the road to collecting Sasieni’s in the first place.
Copyright (c) 1996 by Stephen P. Smith
All rights reserved
  1. Richard Carleton Hacker, The Ultimate Pipe Book, 2nd ed. (1984; reprint, Beverly Hills, CA: Autumngold Publishing, 1989), 234. Quoted with the author’s permission.
  2. Theodore Justin Gage, “The Sasieni Pipe: A Discriminating Collector’s Delight,” Levin Pipes International’s The Complete Smoker Monograph #2, October, 1993. Quoted with the author’s permission.

Sasieni Seconds

The following page lists Sasieni seconds, courtesy of Doug Valitchka:

Sasieni Seconds.jpg

And another list, from Doug, which is likely incomplete. Please feel free to add to it, or send information to sethile.pipes@gmail.com, and we can add it for you.

  • His Royal Highness
  • King's Court
  • King's Guard
  • House of Lords
  • Coronation
  • Coat of Arms
  • Royal Stuart
  • Sashar
  • Prefect
  • Friar
  • Tweed
  • Hands
  • Ivory
  • Stag
  • Claret
  • The Alternative
  • Millennium
  • Super Six
  • Fantail
  • Litewate
  • Slendaline
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This "CROSS BOW" appears to be a Sasieni second, somewhat in the style of an Old England. If you have additional information about this branding, please add it here, or send it to sethile.pipes@gmail.com and we can add it for you.

Off site links

Logoplm.gif Sasieni markings including seconds, sub-brands and double side dots

Logoplm.gif Time chart A comprehensive illustration of the brands history

Logopip.gif La storia delle pipe Sasieni an italian text about Sasieni's history and pipes from pipology.com