LE TABAC A PIPES DUNHILL: 1907 – 1990

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Ecrit par John C. Loring
mis à disposition par Yang Forcióri et traduit par Jean-Christophe Bienfait

Lorsqu 'Alfred Dunhill ouvrit sa boutique sur Duke Street en 1907, il s'agissait d'une boutique de tabac. Il était débitant de tabac, ou, ainsi qu'il l'écrivait dans son premier catalogue un "spécialiste des mélanges", affichant un panneau bien en vue sur la vitrine de sa boutique, panneau qui disait " Tobacco Specialist (spécialiste en tabacs)". Mais d'abord et par-dessus tout Alfred Dunhill était un commerçant et lorsqu'il ouvrit sa boutique il savait exactement où il voulait aller. En peu de temps, cependant, il s'aperçut qu'il avait visé trop bas, et c'est une partie de cette histoire.

Lorsqu'il ouvrit sa boutique pour la première fois, il ne s'agissait pas de ce genre de boutique dans laquelle vous ou moi achetons notre tabac à pipe, une boutique avec une large variété de tabacs produits par toute sorte de fabricants, en boîtes scellées sous vide. La boutique d'Alfred était davantage celle d'un pourvoyeur de mélanges "sur mesure", chaque "My Mixture" étant préparé à la demande pour chacun des clients avec le tabac à mélanger, obtenu au départ, d'après Balfour, dans "Alfred Dunhill One Hundred Years And More", chez George Dobie & Son de Paisley en Ecosse, (fabricants des mélanges "4 Square") et du Syndicat des fournisseurs de Tabac. Ou ainsi qu'il l'écrivait (et très certainement ce sont ses propres mots) :

“Le goût et l'odorat sont distinct chez chacun de nous…Il est impossible pour un mélange tout prêt de convenir parfaitement à un goût ou un odorat particulier. Par conséquent la seule méthode valable est la méthode scientifique grâce à laquelle la tonalité du goût et la qualité de l'odorat sont déterminés et assurés avec précision. Il n'y a pas d'autre méthode que le test individuel… grâce à un entretien en face à face.

“[la boutique] n'est en aucun cas comme les débits de tabac ordinaires.

"On ne peut pas attendre d'un mélange particulier qu'il convienne au goût de tout un chacun, pas plus qu'une prescription médicale ne saurait être efficace pour toutes les maladies. C'est pourquoi je [Alfred Dunhill] m'efforce ici de prescrire (s'il m'est permis d'utiliser un tel terme pour parler du tabac) un mélange spécial qui convienne à chaque client pris individuellement. Si mon premier essai n'atteint pas tout à fait l'idéal, je modifie les proportions du mélange jusqu'à obtention d'un parfait succès".

"Quelques questions adroites de la part de Mr Dunhill lui ont vite permis d'assortir les tabacs pour le mélange que je [un client] désirais. Tout ceci en prenant une poignée d'un tabac dans un bocal, une pincée d'un autre dans un autre bocal, et ainsi de suite, pour ainsi dire comme un pharmacien qui préparerait une ordonnance ! Ensuite quelques mouvements rapides de la main et les différents tabacs ont été mélangés et le mélange emballé…En ce qui me concerne je dois dire que Mr Dunhill a tapé dans le mille dès le premier coup…La recette a été scrupuleusement notée dans un livre et on m'a donné son numéro". 1910 Dunhill About Smoke Catalog

Mais là encore, sans vouloir trop insister, lorsqu'Alfred Dunhill publia son premier catalogue en 1910, le succès l'avait déjà conduit à modifier son modèle de vente. Une boutique de mélanges à la demande a ses limites, on ne peut pas attendre de chaque fumeur de pipe anglais aisé qu'il se rende dans une petite boutique de Duke Street pour un entretien. On peut s'attendre à ce qu'ils soient beaucoup plus nombreux à consulter un catalogue, quel que soit l'endroit où ils allument leur pipe. Aussi, alors même qu'Alfred prononçait ces mots, il n'hésitait pas dans son premier catalogue de 1910 à présenter "à l'attention du client" 10 mélanges "My Mixture" à 10/8 (10 shillings 8 pences) la livre en port payé n'importe où au Royaume –Uni". Toutefois, d'après Balfour, ci-dessus, si vous vous rendiez effectivement au magasin, vous pouviez obtenir du numéro 75, un mélange de tous les "restes" à 4/ (4 shillings) la livre. Et alors que les clients d'origine de neuf de ces mélanges étaient désignés par leur nom, le dixième mélange "Alfred Dunhill’s Newest Mixture, a Perfect Blend” (le tout nouveau mélange d'Alfred Dunhill, un blend parfait) " n'était attribué à personne. La transition d'avec le "sur mesure" avait commencée.

Aussi bien, le type de mélanges sur mesure décrits par Alfred Dunhill dans son catalogue présente un autre problème. Il ne produit pas forcément le mélange le meilleur. Assembler des tabacs, c'est davantage que mélanger ensemble différentes feuilles en telles ou telles proportions. Il existe des techniques d'assemblage, par exemple la cuisson au four, la torréfaction, le pressage, qui nécessitent du temps et des expérimentations et peuvent difficilement se faire sur le comptoir à mélanges de la boutique. Mais aussi ensuite, une fois le mélange assemblé, il faut du temps pour que le mariage se fasse, que ce soit en vrac ou dans la boîte. Par dessus tout Alfred visait le meilleur, et c'était bien naturel que quelques années plus tard, en 1912, le mélange à la demande soit relégué à l'arrière plan lorsqu'Alfred Dunhill lança ses premiers mélanges préemballés portant les noms suivants : “Royal Yacht”, “Cuba” et “Durbar”. Et pas au prix de 10 shillings 8 pences comme le "My Mixture" mais au tarif bien supérieur de 16 shillings la livre pour le "Durbar" et 21 shillings la livre pour le "Royal Yacht" et le "Cuba".

Il est intéressant de noter ici, quelques cinq années après qu'Alfred ait ouvert sa boutique, que si à l'ouverture elle n'était pas du genre de celles où l'on va aujourd'hui, elle l'était devenue cinq ans plus tard. Pour peu qu'on passe en revue les tabacs en boite offerts dans les touts premiers catalogues d'après 1912, on se rend compte qu'ils offrent la gamme complète de ce qui est considéré aujourd'hui comme les mélanges de type anglais, des Virginias vieillis comme les “Royal Yacht” et “My Mixture #288”, aux Virginias purs comme les “#36” and “#190”,en passant par les Orientaux comme les “Durbar”, “#1”, “#28”, “#108”, “#187”, et “#850”, les mélanges au Latakia comme les “#10” and “#965” et une fois en passant le “Cuba”, un mélange fait à partir de tabac à cigares. Ainsi, pour le reste du siècle à venir, de 1912 jusqu'en 1990, nous constatons que le mot d'ordre de Dunhill le marchand de tabac est "affinage" avec un accent croissant mis sur les mélanges "de marque" généralement disponibles plutôt que les mélanges sur mesure "My mixture". A peu près sous tous les angles, tout était en place en 1912. Cela ne signifiait pas pour autant que les mélanges personnalisés disparaissaient, car à la fin du siècle plus de 36 700 mélanges individuels avaient été répertoriés sur le "My Mixture Book " de la boutique de Duke Street. Cependant, et dès le début, la plupart de ces recettes spécifiques My mixture étaient un peu moins que sur "mesure", davantage comme un costume en demi-mesure, c'est-à-dire que plutôt que de les noter en termes d'ingrédients bruts, le "My Mixture Book" de Duke Street, pour la plus grande part les enregistrait comme des mélanges d'assemblages déjà existants p.ex. “2x127 2x128”, ou “2x965 1x77 1x27”, ou comme des variantes de mélanges existants p. ex. 3x144 1x Lat[akia]” avec à l'occasion une touche supplémentaire p.ex. “cut short & dry” ("sec et coupé court").

Deux autres boites de mélanges pré-empaquetés furent lancés au cours de la Première Guerre Mondiale, un pur Virginia, le “Ye Olde Signe” en 1915, et un Oriental, le , “Harmony” en 1917, mais le premier souci de Dunhill était de répondre aux besoins des forces combattantes. A côté des changements d'emballages discutés plus loin, on prit deux "mesures de guerre " essentielles : baisser le prix du tabac des mélanges standards pour les forces d'Outre Mer et lancer des blends temporaires pour les militaires à des prix encore plus bas. En 1915, au lieu de 25 shillings / livre, le Corps Expéditionnaire payait 19 shillings pour du "Cuba" et les membres des Forces Navales 18 shillings, et au lieu de 19 shillings pour du Durbar" ou du "Ye Olde Signe", les soldats payaient 13 shillings 4 pence et les marins 12 shillings 6 pence (je suppose que la différence de prix entre soldats et marins étaient dues aux taxes économisées sur le tabac envoyé à un bateau). Les trois mélanges de guerre temporaires, “Campaign Plug” un Virginia vieilli, “Campaign Mixture” (blend de type inconnu) and “Best Scotch Thick Black Twist” étaient proposés à des prix encore plus bas. Le “Campaign Plug”, vendu 3 shillings la livre était "of a strength and character to appeal to the non commissioned officers and men [and of a] form suitable for campaign conditions ("d'une force et d'un caractère propres à séduire les sous-officiers et les hommes [et d'une] forme adaptée aux conditions de la campagne"). Il était en fait conçu pour être acheté en vrac et fourni aux unités d'Outre Mer pour être distribué aux troupes. A cette fin Dunhill proposait également une pipe, la "Campaign Pipe"(pipe de campagne), en lots minimum de 100 et à un shilling chaque. Les deux autres mélanges de guerre étaient un peu plus cher : 5 shillings la livre pour le "Campaign Mixture" et 4 livres 6 shillings la livre pour le "Best Scotch" mais toujours nettement moins chers que les mélanges standards même à prix réduits pour les militaires.

Toutefois, alors que les prix étaient réduits pour les armées, à la fin de la décennie, la Grande Guerre et ses conséquences avaient eu un impact sur les prix proposés aux civils avec les mélanges "My Mixture" à 19 shillings 8 pence la livre, les "Durbar", "Ye Olde Signe" et "Harmony" à 24 shillings 8 pence la livre, et les "Royal Yacht" et "Cuba" à 30 shillings 8 pence la livre.

Les prix continuèrent rapidement à grimper dans les années 20 et à partir de 1923 les mélanges à 24/8 (24 shillings 8 pence) passèrent à 28/8 (28 shillings 8 pence) et les mélanges à 30/8 (30 shillings 8 pence) étaient montés à 34/8 (34 shillings 8 pence). Cette augmentation, toutefois, fut quelque peu compensée par le lancement de quelques "blends" de marque à des prix inférieurs à 20 / (20 shillings) la livre : Standard Mixture” (avec plus ou moins de Latakia suivant le mélange - mild, medium et full), un Virginia légèrement vieilli le "Prince of Wales" et un Virginia " Three Year Matured” (Vielli trois ans). Un nouvel assemblage à 28/8 (28 shillings 8 pence) le "Super", qui semble avoir été un Virginia ou un Oriental, fut également introduit au début des années 1920. Ensuite, excepté le lancement en 1928 du mélange Latakia /Cavendish "London Mixture" à 20/8 (20 shilling 8 pence) la livre, l'offre des tabacs resta inchangée en terme de mélanges proposés et assez stable en terme de tarifs pendant plus d'une décennie. En 1928 par exemple, les “Standard Mixture”, “London Mixture”, “Three Year Matured” étaient tous à 20/8 (20 shillings 8 pence) la livre; tous les "My Mixture" étaient à 21/8 la livre; Ye Olde Signe”, “Harmony” “Durbar” et “Super” étaient tous à 29/4 la livre; et le “Royal Yacht” et le “Cuba” étaient à 35/4 la livre. Au milieu (et à la fin) des années 30, nous voyons que le prix des "My Mixture a été légèrement baissé à 21/2 la livre et que les mélanges les plus chers ont été légèrement "arrondis" au chiffre supérieur à 30/ (30 shillings) et 36/ (36 shillings). Deux notes additionnelles : tout d'abord le mélange “Prince of Wales” fut spécialement assemblé pour et en l'honneur d'Edward, Prince de Galles à titre de remerciement pour son Royal Warrant (Mandat Royal de 1921).De façon surprenante, ce blend survécut aux scandales successifs et variés de trois décennies et n'a pas été retiré de la gamme avant les années 60. Ensuite, et bien que jamais proposé en tant que produit "Dunhill" ou dans les boutiques Dunhill, au moins pendant la période précédant la Seconde Guerre Mondiale, à partir de 1923, Dunhill a vendu en gros le mélange pour pipe "Barking Dog" de la Continental Tobacco Co/Philip Morris & Co hors des USA par le biais de sa filiale Parker.

En 1936 on introduisit les “Throgmorton” et “Old Colonial” (mélanges de type inconnu), de même que le “Twist” (référencé comme "Negro Head Twist" en 1938) qui était vendu sous la forme de trois cordes de tabacs tordues sur elles- mêmes (en médaillons ou non). A la fin des années 30 également, Dunhill acheta le fonds de la boutique de tabacs Savory, y compris deux mélanges Orientaux les “Baby’s Bottom” et “Savory’s Mixture”, ainsi qu'un troisième, un pur Virginia "Baby Bottom". Je ne dispose pas des prix anglais des tabacs Savory mais aux Etats Unis Le prix du "Baby's Bottom" correspondait à celui du "Standard Mixture" et celui du "Savory Mixture" était inférieur de 20 %, ce qui faisait du "Savory Mixture" le tabac de la marque Dunhill le moins cher de l'époque. Le Throgmorton fut nommé d'après le second magasin de Dunhill à Londres (1923 – 1946). Le "Old Colonial" était un mélange de tabacs provenant de l'Empire Britannique d'alors, destiné à profiter des droits d'importation moins élevés sur ces tabacs, ce qui permettait d'offrir un prix nettement inférieur, ,bien que pas aussi bas que les "My Mixtures" ou "Standard Mixture" ou, on peut le supposer, "Savory's Mixture", de 24/- par livre. Il faut aussi noter qu'alors que plusieurs "blends de marque" étaient ajoutées à la gamme entre 1912 et la Seconde Guerre Mondiale, aucun ne fut supprimé. Avec la venue de la Seconde Guerre Mondiale, toutefois, ça allait changer.

Le début de la Seconde Guerre mondiale a freiné l'introduction de nouveaux mélanges, à l'exception du mélange américain "American Mixture". Ce mélange, sans doute lancé du fait que le commerce transatlantique était limité par la Guerre, ne fut jamais commercialisé en dehors des Etats-Unis bien qu'il ait continué à être proposé en Amérique dans les années 80. Il est intéressant de noter qu'hormis durant la Grande Guerre, je n'ai trouvé nulle indication que Dunhill ait proposé aux militaires durant la Seconde Guerre Mondiale aucun mélange spécial à bas prix ni de prix réduits sur les mélanges standards.

Après la Seconde Guerre Mondiale, plusieurs mélanges furent abandonnés, les “Harmony”, “Throgmorton” “Twist”/“Negro Head Twist” et “Old Colonial” à la fin des années 40 et le “Super” au début des années 50. Mais trois nouveaux mélanges d'importance furent lancés en 1951, des Orientaux, "l'Apéritif" et le Early Morning Pipe" et un mélange à base de Latakia, le "Nightcap". Je suppose que les blends furent abandonnés parce que l'économie d'après Guerre força Dunhill à se recentrer sur ses mélanges les plus populaires d'avant Guerre et que, néanmoins, trois mélanges ont été ajoutés dans le but spécifique d'accroître la pénétration du marché américain de l'après-guerre, d'une importance capitale. Il se peut également que certains tabacs bruts nécessaires aux mélanges abandonnés soient devenus introuvables. En tout cas les catalogues du début de du milieu des années 50 proposaient uniquement les mélanges "My Mixture", les trois nouveaux blends, ainsi que le Royal Yacht, le "Cuba" et le "Durbar". Il est donc évident qu'il existait encore des goulots d'étranglement dans la production d'Angleterre, même une décennie après la victoire (peut-être du fait d'un manque de tabac suffisamment vieilli, à cause de l'impossibilité de se procurer des feuilles de tabac brutes pendant les années de guerre).

L'après Guerre connut une augmentation majeure, ou pour dire mieux impressionnante, des tarifs. En 1951 les mélanges "My Mixture" à 21/2 la livre avant guerre quadruplèrent pour atteindre 84/ (84 shillings) la livre, de la même façon les nouveaux "Apéritif", Early Morning Pipe” et “Nightcap”; “Durbar”, aussi bien que “Ye Olde Signe” et “Super” passèrent à 89 shillings la livre et le "Royal Yacht" et le "Cuba" étaient à 96 shillings la livre.( A titre de comparaison l'augmentation du prix des pipes fut identique avec le tarif d'une Bruyere standard qui passait de 25 shillings avant Guerre jusqu'à 90 à 105 shillings en 1951). A partir de 1956 ces prix ont augmentés annuellement et à la fin de la décennie la plupart des blends, par exemple “My Mixture” blends, “Standard Mixture”, “Three Year Matured”, “London Mixture”, “Early Morning Pipe”, “Apéritif”, “Nightcap”, “Flake” et “Shell” étaient à 98 / (98 shillings) la livre, certains étant un peu plus chers, les "Durbar" et "Ye Olde Signe" étant à 104 shillings / livre et les "Royal Yacht et "Cuba" au sommet à 112 shillings la livre.

Lorsqu'on se tourne vers la tarification américaine, il devient clair que l'augmentation considérable du prix des tabacs après Guerre en Angleterre était pour la plus grande part du fait du gouvernement Britannique. Aux Etats-Unis le tarif des tabacs Dunhill était resté remarquablement stable de la fin des années 20 à la Seconde Guerre Mondiale. Plus particulièrement au court de ce quart de siècle les “Standard Mixture”, “Three Year Matured”, “London Mixture” se vendaient 5 $ la livre; les mélanges My Mixture”, et “Prince of Wales” à 6 dollars la livre; les “Durbar”, “Ye Olde Signe”, “Harmony”, et “Super” se vendaient à 7 $ la livre et les “Royal Yacht” and “Cuba” se vendaient à $10 la livre. Je manque de données concernant la tarification de l'immédiate après Guerre mais même en 1962 il y avait uniquement eu une augmentation de 20% par rapport aux prix d'avant Guerre avec les mélanges d'avant Guerre à 6 $ qui se vendaient 8 $ (“Apéritif”, “Early Morning Pipe” et “Nightcap” étaient également au même tarif); les mélanges à 7$ d'avant Guerre se vendaient pour 10$ en 1962; et les mélanges de première qualité d'avant Guerre à 10 dollars la livre se vendaient à 12 dollars en 1962. Le prix des pipes aux USA connut une hausse plus spectaculaire, bien que moindre qu'en Angleterre – avant Guerre une Bruyere standard coûtait 12$, en 1962 le prix était de 30 à 35 $. Il convient aussi de noter que par souci de cohérence j'ai toujours utilisé un " prix à la livre" mais il semble qu'après la Seconde Guerre mondiale, seuls les mélanges "My Mixture" aient continué à être proposés à la livre, tous les autres mélanges étant proposés en boîtes de deux ou quatre onces (57 ou 113 grammes).

À la fin des années 1950, le "Flake" (connu plus tard sous le nom de "Light Flake"), un pur Virginia pressé, a été introduit, tout comme le "Negrohead" et le "Shell" (ce dernier étant probablement une version rapidement renommée du premier, les deux semblent avoir été une forme émincée du "Twist"/"Negro Head Twist" d'avant la Seconde Guerre mondiale-à l'évidence, Dunhill dans cette période d'avant et d'après guerre était mal à l'aise pour nommer un style de mélange qui était en général nommé de façon plus grossière par les autres blenders). En 1963 on lança un quatrième mélange, le "Rough Cut Virginia" (Virginia grosse coupe), mais ce mélange, comme le “Negrohead” and “Shell”, fut proposé quelques années seulement. Les années 60 virent également la disparition du "Prince of Wales", du "Savory's Mixture", du "Three Year Matured" et, sans doute en conséquence de l'embargo américain, le "Cuba".

Bien que je ne l'ai jamais vu sur un catalogue, je possède également dans ma collection une boîte knife-lid/cutter-top (couvercle à couteau coulissant) de “My Lady’s Dunhill Mixture” qui semble dater du milieu des années 60. Au fil des années Dunhill essaya au moins par trois fois de développer un marché pour les femmes qui fumaient la pipe. La première fois, ce fut au début des années 20 et bien que je ne connaisse pas de mélange qui ait été spécialement conçu à cet effet à l'époque, je possède une petite boite à tabac en laque du japon avec une étiquette Dunhill My Mixture # 50 qui semble dater de cette époque et des premiers efforts du marketing à destination des fumeuses. Le second effort commercial semble dater de la fin des années 30, mais je ne connais aucun tabac qui soit en lien avec cette campagne, bien qu'il puisse exister un lien avec le “My Mixture #950”, un blend dénicotinisé introduit en 1938. Une troisième tentative remonte aux années 50-60. Un catalogue de 1954 en met trois en lumière : le “My Lady’s” blends #s 101, et les 102 and 103 “recommended by Mary Dunhill”- respectivement un Virginia et deux mélanges orientaux. En plus, bien sûr, on doit ajouter le My Lady’s Dunhill Mixture” sans numéro cité plus haut (mélange de type inconnu) qui date du milieu des années 60.

A la fin des années 60 et le début des années 70 on assista à un accroissement important mais temporaire des mélanges de marque proposés au catalogue, y compris des Orientaux , le “Mr. Alfred’s Own”, et l' “Aromatic”, trois Virginie : le “Baby’s Bottom Virginia”, le “Baby’s Bottom Flake” et le “Dark Flake”, (une version plus forte du "Flake" qui fut renommée "“Light Flake”), un Virginia / Périque, le “Elizabethan”, un Cavendish, le “Golden Label" (également appelé Gold Blend), un aromatique, le “Golden Hours”, et un Virginia vieilli, le “Virginia Ready Rubbed”. Mais la fin des années 70 et des années 80 vit aussi l'abandon d'un certain nombre de mélanges y compris l'“American Mixture”, l'“Aperitif”, tous les mélanges Baby’s Bottom, le “Dark Flake”, le “Durbar” (ou “1066”), le “Mr. Alfred’s Own” et le “Ye Olde Signe”.

Le mélange Dunhill qui est resté le plus longtemps en vente ? Le “My Mixture #965”, "assemblé à l'origine pour E.A.Baxter, Esq." quelque part autour de 1910 et annoncé dans le catalogue de cette année là et la plupart de ceux qui suivront comme "le mélange le plus fin jamais produit", suivi par le “Royal Yacht”, lancé pour la première fois en 1912, le “Standard Mixture” (dans ses trois puissances de Latakia) introduit en 1921, et le “London Mixture” lancé en 1928. Une sélection intéressante, fortement marqué aux extrêmes par les Latakia et Virginia vieillis, avec un milieu de gamme complètement absent, un milieu qui comprend des mélanges aussi appréciés, bien qu'abandonnés depuis les années 90, que les ”Apéritif”, “Baby’s Bottom”, “Durbar”, “Mr. Alfred’s Own”, et “Three Year Matured”.

Il est difficile d'avancer une raison à ces nombreuses marques abandonnées après la fin des années 60, alors qu'elles incluaient des mélanges particulièrement prisés des fumeurs. La réponse cependant réside probablement pour l'essentiel dans un changement global de l'environnement du blend et, de façon également importante, des efforts de Dunhill pour rationaliser ses propres affaires.

Le début des années 60 connut des développements négatifs d'importance dans la fourniture des tabacs orientaux. La complexité de certains mélanges Dunhill reposait sur la capacité à se procurer des sous- variétés spécifiques de tabacs orientaux, mais au début des années 60, on eut une tendance croissante à vendre ensemble en lots des feuilles de tabac provenant de diverses localités. On sait davantage que le gouvernement syrien interdit la production de Latakia dans ce pays pour conserver ce qui restait de ses forêts (la production de Latakia syrien nécessite de brûler beaucoup de bois). En conséquence les blenders furent forcés de se tourner vers les latakias chypriotes et turcs qui ont un caractère nettement différent et donnent des assemblages au goût différent.

L'effet sur les mélanges Dunhill ne fut pas immédiat du fait que Dunhill avait un stock suffisant d'Orientaux sous la main à différents stades de maturité, mais en définitive il n'était pas possible d'éviter la globalisation des orientaux et la disparition du Latakia syrien. Pour retarder ces effets, Dunhill peut avoir eu à abandonner certains mélanges afin de conserver les variétés de tabac pour d'autres. Et à la fin, par manque de la variété de tabac adéquate, il peut avoir quand même abandonné certains mélanges, plutôt que d'en changer le caractère en substituant une variété de feuille à une autre. Je suppose que ce fut le cas avec le "Durbar", qui fut retiré de la gamme à la fin des années 60, puis en peu de temps remplacé, au moins sur les comptoirs américains, par le “My Mixture 1066” en expliquant que c'était du ‘Durbar’. Bien que cela puisse n'être qu'une tentative d'apaiser les clients mécontents de la perte de "Durbar", il est aussi possible que la pénurie de la variété adéquate de feuille, ait conduit Dunhill soit à abandonner, soit à changer l'assemblage, et que c'ait été leur réponse. Un contact avec ceux qui ont fumé à la fois du "1066" des années 70 et du Durbar datant de quelques années auparavant laisse supposer qu'en fait les mélanges étaient différents.

Importants également, les changements qui eurent lieu chez Dunhill. Traditionnellement, l'assemblage des mélanges anglais est un business coûteux. Ayan l'interdiction durant la plus grande part du Vingtième Siècle du fait des lois anglaises d'utiliser librement des additifs de saveur dans leurs assemblages, Dunhill et les autres blenders anglais, à la différence de ceux d'Europe Continentale ou d'Amérique, devait s'appuyer plus fortement sur les Virginias et des Orientaux aux saveurs naturelles caractéristiques plutôt que sur les Burley et autres, moins coûteux, mais naturellement fades et enrichis avec des additifs. De plus ces saveurs caractéristiques des Virginia et des Orientaux devaient étre développées naturellement par des processus de maturation et de pressage. Mais l'argent immobilisé dans la maturation des stocks a un coût et les techniques d'assemblage comme le pressage, la torréfaction, la cuisson au four ne prennent pas seulement du temps, mais nécessitent du matériel supplémentaire et accroissent le coût du travail. Dunhill utilisait toutes ces techniques d'assemblage et faisait vieillir ses tabacs à partir des feuilles brutes, ensuite assemblait les mélanges en vrac et enfin assemblait et stabilisait les mélanges dans les boîtes avant leur envoi. Les tabacs assemblés et vieillis de cette façon dégagent un arôme particulier de "mûr", de "gâté", ou ne mâchons pas nos mots de "pourri" lorsque la boîte est ouverte pour la première fois. Nul doute que durant cette période, Dunhill avait des difficultés avec les méthodes traditionnelles d'assemblage dans un contexte de préservation de la rentabilité de l'entreprise, et on ne peut s'empêcher de penser que des mélanges tels que le “Three Year Matured” en ont fait les frais.

Dans le même temps Dunhill était en train de passer du statut de simple fournisseur d'articles pour fumeur à celui de membre d'un conglomérat d'entreprises de détail, dont l'un des membres était Murrays d' Irlande du Nord, lui-même important blender de tabac à pipe. Le regroupement en 1981 de la plupart des mélanges de tabac chez Murray était une évidente rationalisation (en particulier, le transfert chez Murrays comprenait tous les mélanges de marque y compris le “My Mixture #965). Cependant, bien que Dunhill et Murray aient été tous deux des blenders, il y avait des différences significatives. Etant en Irlande du Nord, Murrays était soumis à des lois d'assemblage moins contraignantes que Dunhill. Plus important, Murrays s'orientait vers les assemblages en quantité, en utilisant une moindre variété de feuilles pour fabriquer des blends de moindre complexité et avec des différences de vieillissement significatives à toutes les étapes. Une des conséquences immédiates fut que les mélanges Dunhill de Murrays ne "puaient "pas à l'ouverture, ceci reflétant probablement une forte réduction des processus de maturation traditionnels de Dunhill. Je soupçonne qu'une autre conséquence fut que certains mélanges Dunhill de marque, trop complexes à produire de façon rentable, furent abandonnés. Dans tous les cas l'effet produit a été que non seulement des mélanges furent abandonnés mais aussi qu'il y eut des changements significatifs dans les assemblages conservés, dans certains cas dus sans doute aux changements de recette , par ex substitution de latakia Chypriote au Latakia syrien, d'autres fois du fait de changements de techniques d'assemblages, et dans tous les cas du fait d'un vieillissement nettement moins long. (En toute honnêteté les problèmes d'approvisionnement en feuilles de tabac et les réalités économiques auraient probablement mené au moins à certains de ces résultats même si les mélanges de marque de Dunhill n'avaient pas été transférés à Murrays. Je soupçonne par exemple qu'au moment du transfert de 1981, Dunhill n'avait plus que très peu de feuilles de tabac maturées en sa possession).

On doit noter une exception au transfert de l'assemblage en 1981. La boutique Dunhill de Duke Street a continué à proposer des mélanges à la demande les deux décennies suivantes, et au titre de cette continuité, un petit assembleur de Londres (je soupçonne que c'était en association avec Dunhill) a continué à fabriquer certains mélanges My Mixture disponibles seulement dans la boutique de Duke Street. (Bien qu'un bon nombre de mélanges "My Mixture" de qualité nettement supérieure restent heureusement disponibles aujourd'hui dans la boutique Dunhill, et uniquement cette boutique, avec l'arrivée du nouveau siècle, tout assemblage à Londres a cessé, et tous les mélanges Dunhill, qu'il s'agisse des marques ou des "My mixture" sont désormais fabriqués par Murrays. Pour pallier aux appels inévitables, je fournis également l'information suivante : le numéro de la boutique Londonienne de de Duke Street depuis les Etats Unis est le 011 4420 7290 8600. Demandez Mr Burrows; Vous pouvez sinon envoyer un email à Mr Burrows à > Marc.Burrows@alfreddunhill.co.uk < qui pourra vous fournir une liste des mélanges disponibles. En fonction de la quantité de boîtes commandées, les frais d'envoi, en raison de la différence entre les taxes britanniques non perçues et le coût d'expédition, peuvent être légèrement différents de ce que vous pourriez payer au Royaume Uni).

Aujourd'hui c'est un lieu commun parmi les fumeurs de pipe qui fument à la fois d'anciennes et d'actuelles boites de tabac Dunhill de dire que les mélanges disponibles actuellement ont évolué et tout simplement ne sont plus les mêmes que dans le passé. Bien sûr ce point de vue peut provenir du fait que dans un cas on a plusieurs décennies de vieillissement supplémentaire en boîte alors que dans l'autre la boite provient juste de l'étagère de la boutique. Mais je ne doute pas que dans la plupart des cas les blends plus récents représentent quand même bien une évolution, le travail des blenders qualifiés, qui cherchent à retrouver l'esprit des anciens mélanges, se heurtant à la nécessité d'utiliser des feuilles de tabac différentes manquant de maturité.

Tournons nous maintenant vers l'emballage. A l'origine, Alfred Dunhill proposait ses tabacs dans des boites non hermétiques et non scellées d'un quart de livre, d'une demi livre et d'une livre, marquées "“My Mixture” en larges lettres rouges d'une police fantaisie semblable à ce que nous trouvons encore aujourd'hui. Les moindres quantités étaient vendues dans des paquets d'aluminium pliants. L'emballage sous vide était disponible dans le commerce dès les années 1900, mais la boutique de tabac fraichement ouverte à Londres s'adressait au marché local et n'en avail nul besoin.

Le premier développement en matière de conditionnement a été la mise sur le marché en 1910 de " Self-Filling Tobacco Cartridges" (cartouches de tabac pré remplies), qui étaient des cylindres de tabac en papier ressemblant aux premières cartouches et qui se glissaient directement dans le fourneau de la pipe. Bien que Dunhill ait obtenu un brevet pour sa version de ce système d'emballage / remplissage en 1910, le système n'était pas nouveau et était aussi proposé à l'époque par d'autres. Mis à part le coût, le problème de base de ce système était l'obligation de conserver le fourneau net et sans culot afin que les cartouches puissent continuer à être insérées au fil du temps. Dunhill continua à la fois à à développer ce concept, obtenant des brevets complémentaires en 1918 et 1920, et à proposer ses mélanges en cartouches jusqu'à la Seconde Guerre Mondiale et sans doute un peu après. Les cartouches pré remplies étaient vendues à l'unité plutôt qu'au poids et étaient appréciées à la fois par Edouard le Prince de Galles et son frère le roi George VI. En effet, d'après Balfour, (voir ci-dessus), le premier abandonna sa pipe "prince" éponyme (forme 314) pour la forme 302, à peu près semblable, qui était mieux adaptée aux cartouches. De même, Georges VI avait demandé à Dunhill de lui fabriquer une pipe spéciale, avec un reamer (alésoir) incoporé, particulièrement adapté au système à cartouches.

Un deuxième essai d'emballage, moins connu à l'heure actuelle, remonte à la Grande Guerre lorsqu'en 1915 Dunhill commença à proposer tous ses blends "en emballage de campagne", un emballage breveté compressé d'un quart de livre recouvert d'une feuille de plomb et vendu dans un sac de toile destiné à servir de blague à tabac lorsque le tabac serait épuisé. Cet emballage compressé, sans changement de forme ni de design, fut proposé dans les années 60 pour "les sportifs et les voyageurs". Il semble que durant toute la durée de l'offre, il n'y eut pratiquement aucune majoration de prix pour l'emballage compressé.

La plus importante évolution en matière d'emballage, toutefois, fut l'introduction de la boite étanche ‘knife-lid’ or ‘cutter-top’ (couvercle à couteau coulissant) en 1916. Ce système d'emballage, qui était d'un usage répandu dans le commerce déjà au 19ème siècle, s'imposa à Dunhill dans le but de mieux répondre aux besoins des troupes en France et des marins en haute mer. Une boite ‘knife-lid’ or ‘cutter-top’ (couvercle à couteau coulissant) est une boîte étanche à deux couvercles. Le couvercle intérieur en métal fin protège le tabac dans la boîte. Le couvercle extérieur, détachable, est muni d'une petite lame coulissante qui permet d'ouvrir et de découper la partie intérieure scellée. Seul le “Campaign Mixture” ("Mélange de Campagne"), fut proposé sous cette forme en 1916, dans une boîte de 4 onces (113 grammes) , de 4 pouces (10 cm) de haut (du genre utilisé pour les tabacs Rattray) mais l'année suivante le catalogue affichait tous les blends de marque dans cet emballage, à savoir “Durbar”, “Ye Olde Signe”, “The Harmony”, “Royal Yacht” et “Cuba” (bien que la boîte du "Ye Olde Sign" soit plus petite et plus large, 2" x 3" (5 cm x 7,6 cm)). Chacune de ces boîtes portait des étiquettes en papier multicolores autour de la boîte et sur le couvercle, avec une bande de papier supplémentaire qui maintenait le couvercle sur laquelle était dessiné le facsimilé d' un sceau rouge et la signature d'Alfred Dunhill.

L'importance de ce type de boîte pour Dunhill réside dans le fait que c'est ce qui permit à ses tabacs d'être vendus et expédiés à travers le monde après la Première Guerre Mondiale, et ne se réduisit pas uniquement aux envois sur les lignes du Front français ou aux marins en mer durant cette Guerre. A la fin des années 1920 les boites de 4 onces de 4 pouces de haut furent changées pour des boites de 4" x 2" (10 x 5 cm) et cette forme resta inchangée jusqu'à l'arrivée des boîtes ‘coin twist’ (couvercle à ouvrir avec une pièce de monnaie) au milieu des années 60. Au cours de la période des boîtes ‘knife-lid’, les tabacs Dunhill étaient généralement disponibles en boites de deux, quatre, huit et seize onces (57, 113, 226, 453 grammes), la boîte de quatre onces étant la plus répandue.

Le modèle ‘coin twist’ fut introduit au milieu des années 60 et devint l'unique format à partir de 1970. A l'origine, ces boites étaient proposées en contenants de deux et quatre onces, (57 et 113 grammes) de mêmes dimensions que les boîtes ‘knife-lid’ qu'elles remplaçaient. Toutefois les vieilles étiquettes en papier furent abandonnées avec les nouvelles ‘coin twists’ qui avaient un couvercle peint et les côtés nus. Les années 1970 virent les débuts de l'intégration à la CEE avec de rares boites de 25, 50 et 100 g qui furent proposées à l'exportation vers le milieu de la décennie. A partir de la fin de la décennie Dunhill passa à des boîtes de 50 et 100g, peut être incité par le fait que le contenu de ces boîtes utilisant le système métrique était plus léger de 10 % que les précédentes, c.a.d. que 100 grammes équivalent à 3,53 onces et non 4. Bien entendu il n'y eut pas de réduction de prix équivalente. Ces boîtes de la fin de 1970 étaient marquées à la fois en grammes et en onces, au début avec une équivalence exacte en onces, par ex 3,53 onces mais à partir de 1980, on arrondit à 100 grammes / 3 ½ onces.

Comme expliqué plus haut, en 1981 la fabrication de tabac fut globalement transférée à Murray en Irlande du Nord, et avec ce transfert il y eut un changement d'aspect des boites. Au départ, on utilisait une boîte ‘coin-twist’ avec une étiquette papier collée sur le couvercle, et pour la première fois le pays d'origine était identifié comme étant le Royaume Uni (“United Kingdom”). (J'ai également vu quelques boîtes avec étiquettes en papier avec le pays d'origine marqué en tant qu'Angleterre ("England"), suggérant soit que de telles boîtes étaient les dernières productions "maison" de Dunhill, soit que la rumeur selon laquelle pendant une courte période certains mélanges ont été confiés à Mc Connells, un autre blender anglais). En plus la boîte de 100 g / 3/1/2 onces devint plus basse et plus large, 1 ½” x 4 7/8” (3,8 x 12,4 cm) (parfois connue comme la boîte "pancake"). En peu de temps cependant, toujours au début des années 1980, des boîtes à couvercle "peint" furent réintroduites pour la production des Murray, le poids n'étant généralement indiqué qu'en grammes et généralement suivi d'un "e" (une référence au marché commun) et le pays d'origine étant uniformément identifié comme comme étant "le Royaume-Uni" (“the United Kingdom”).

Dater les boîtes Dunhill est assez facile. Les limites de dates sont bien sûr définies par le blend et le type de boîte en question, par exemple un “Royal Yacht” en boîte ‘knife-lid’ peut dater de 1912 à nos jours du fait du blend mais comme par hypothèse notre boîte est une ‘knife-lid’ (couvercle à couteau coulissant), ces limites peuvent encore être ramenées de 1917 à 1970. Mais les informations figurant sur l'étiquette permettent toujours d'obtenir plus d'informations.

  • De 1921 à 1995, Dunhill a eu un mandat royal (Royal Warrant) d'une façon ou d'une autre pour ses tabacs et généralement (mais pas toujours) faisait figurer ce mandat sur ses étiquettes. De manière plus spécifique :
Les armes du Prince de Galles  furent utilisées de 1921 à 1936;
Les armes de George VI avec une référence au Roi furent utilisées de 1937 à 1953;
Les armes de George VI sans référence au Roi furent utilisées en 1954;
Les armes de George VI avec une référence au "Feu Roi" furent utilisées de 1954 à 1962; et les armes d'Elizabeth II furent utilisées de 1963 à 1995. (Notons que l'utilisation des armes d'Elizabeth II survint une décennie après son couronnement).
  • Les boîtes datant de la Seconde Guerre mondiale comportent une petite référence aux exigences de l'emballage en temps de guerre.
  • On peut trouver des boîtes plus anciennes datant d'avant les années 70 avec le timbre fiscal bleu des Etats-Unis ‘Act of 1926’ - ajouter 1829 au numéro de "série" de ce type de timbre donnera l'année d'importation approximative, mais parfois l'année d'importation peut également être marquée sur le timbre fiscal.
  • Les boîtes portant England (Angleterre) ou Great Britain (Grande Bretagne) comme pays d'origine datent de 1980 ou d'avant (c.a.d. Dunhill fabrication maison – noter que toutes les boîtes d'avant 1980 ne portaient pas l'indication du pays d'origine).
  • Les boîtes indiquant que le tabac est assemblé "Par Dunhill" datent de 1980 ou d'avant (c.a.d. Dunhill fabrication maison – noter que toutes les boîtes d'avant 1980 ne portaient pas cette indication).
  • Les boîtes indiquant le Royaume Uni en tant que pays d'origine datent d'après 1981 (c.a.d. fabrication Murrays).

Les boites indiquant que le tabac est fabriqué "sous l'autorité" de Dunhill datent de 1990 à 1995.

  • Les boîtes indiquant que le tabac est fabriqué “en association” avec Dunhill datent d'après 1995.
  • Les boites dont le poids est exprimé en onces ou en fraction de livre datent d'avant la fin des années 70.
  • Les boîtes dont le poids est indiqué en grammes et onces datent d'après la fin des années 1970.

Les boîtes dont le poids est indiqué en grammes datent en général d'après 1981.

(La question la plus importante en la matière est : Est-ce du Dunhill ou du Murrays? Normalement, on peut vite trouver la réponse en regardant le pays d'origine, s'il s'agit du Royaume Uni (United Kingdom), c'est une fabrication Murrays. De la même façon une boîte "Pancake" de 100 grammes indique une production Murrays).


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Yang (talk) 08:49, 14 August 2019 (CDT)