Barling.fr

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Many thanks to Jean-Christophe Bienfait for his work on this translation. --sethile (talk) 14:00, 10 June 2019 (CDT)

Un grand merci à Jesse Silver pour son travail considérable de révision et sa contribution à cet article, également à Tad Gage, Jon Guss et Troy Lloyd pour leurs apports, leurs connaissances et l’autorisation d’utiliser leurs recherches. Grâce à ces dévoués amateurs de pipes, nous avons fait de gros progrès lors de ces deux dernières révisions (Juillet 2013 et mai 2016). Nous sommes toujours à la recherche d’informations supplémentaires et de documentation sur l’histoire fascinante de Barling. sethile (talk) 17:27, 11 May 2016 (CDT)

Cased Pair, Pre-trans, Derek Green Collection[1]
Barling 1909 Silver Spigot Billiard, Courtesy Finepipes.com

L’Entreprise

Pre-Barling by Crown of Vienna, silver work by the Barling family of London, and stamped with E.B. and W.B. stamps, albatross wing bone extensions. From the Johnny Long Collection
Stamped "BARLING'S MAKE", London 1906, Rd. No. 458002, from the Johnny Long Collection
From Left: 1927-Tetley's; 1916 w/Military bit; 1956-Tetley's; Pre-Trans EXEL T.V.F, Derek Green Collection[2]
Pair of 1884s with E.B. W.B stamped Barling silverwork
Barling c. 1930 EXEXEL-Sized Classic Bent Billiard, courtesy, FinePipes.com
1884, upper pipe from above pair. It has screw mounts and also has the wing bone extension. From the Johnny Long Collection
1884 screw mount detail. From the Johnny Long Collection

“Nous avons le grand plaisir de vous présenter notre nouveau Catalogue qui montre les principales formes et les modèles spéciaux de nos pipes de bruyère EB WB réputées.

'Nos pipes jouissant d’une réputation bien établie et universelle (sans le secours artificiel de la publicité), nous ne nous étendrons pas sur leur perfection, mais nous voudrions vous demander de feuilleter doucement ce livre, qui sans aucun doute vous proposera quelques nouveaux modèles.
Si vous n’êtes pas déjà fumeur de nos pipes, nous espérons qu’il vous permettra de vous faire une opinion et ensuite de tester leurs qualités et leur fabrication, nous-mêmes avons confiance dans votre décision finale et votre jugement. Chacun des services de notre usine étant sous notre contrôle direct et personnel, garantit que nous apportons toute notre attention à chaque pipe fabriquée chez nous. Ce fait, couplé à l’excellence des matériaux utilisés dans cette usine, a donné à nos pipes une réputation sans égale dans le monde des fumeurs, réputation que nous comptons fermement maintenir et renforcer.

B. BARLING & SONS.

London”

Il y a trois ans j’ai écrit ce qui suit :
De temps en temps surgit un évènement d’un si gros impact qu’il bouleverse littéralement le paysage. Pour les dinosaures, c’est l’impact d’un astéroïde il y a à peu près 65 millions d’années. Pour les spécialistes de Barling, il s’agit de l’article de Jonathan Gruss,“How Many Angels? Another Look At The Barling Transition”,, qui fut à l’origine publié sur le superbe site de Neill Archer Roan, A passion for pipes.
Alors que nous autres pauvres mortels écrivions des généralités et bâtissions des hypothèses savantes, Jon a fourni des données détaillées, exactes et approfondies qui ont chassé beaucoup des nuages de fumée qui embrument l’histoire de la pipe. Qui plus est, Jon a présenté ces informations dans une langue si élégante et intéressante, que même lorsque je fais de mon mieux, c’est comme si j’avais écrit avec mes deux pouces. Heureusement, Jon m’a gentiment permis d’intégrer quelques unes de ses trouvailles dans cette révision des pages sur Barling. Pour les amateurs sérieux de Barling, l’article de Jon est vraiment ce qu’on doit lire.

Trois ans après, rien de ce constat n’a changé. L’article de Jon est toujours l’étalon-or de la recherche dans ce domaine. Malheureusement, à l’heure où j’écris ces lignes, Neill a fermé son site. Il reste à espérer qu’il resurgira un jour quelque part, ou bien que Jon permettra d’accèder à son ouvrage n’importe où. J’ai également une dette envers Tad Gage, qui a consenti à partager quelques documents et images très importants de sa collection personnelle. Qui plus est, Tad a ajouté, amélioré et clarifié certains points de ma récente révision de la page Barling. Ses contributions l’ont nettement améliorée.

Enfin, j’ai une dette envers Troy Lloyd, intrépide chercheur de toutes sortes d’informations en matière de pipes et de tabac. Sa contribution à cette mise à jour soulève l’intéressante hypothèse que Barling ait pu produire des pipes sablées avant Dunhill.

Aucun autre fabricant ne jouit d’une réputation supérieure en ce qui concerne la légendaire qualité des matériaux, du savoir faire et des qualités de fumage que les pipes fabriquées par la famille Barling. Dans leur recherche déterminée de la perfection, B. Barling et Fils utilisaient seulement le meilleur choix de vieille bruyère algérienne séchée à l’air. « Légendaire » est le terme le plus fréquemment appliqué aux propriétés de fumage de ces pipes.

Les Barling étaient orfèvres vers la fin des années 1700. Pressentant une opportunité, Benjamin Barling commença à équiper des têtes en écume avec de délicats montages en argent, et fonda en 1812 B. Barling & fils.

Les séries de photos qui suivent sont celles d’une écume « Kalmash » (style allemand) sculptée à Vienne avec un travail de l’argent réalisé à Londres par Benjamin Barling (marquages BB), et avec des poinçons de 1850.Tirée de la collection Johnny Long, le poinçon a été authentifié par l’expert en argenterie Giorgio Busetto, secrétaire de l’ASCAS (une association de collectionneurs d’argenterie [3]). Cette écume de 1850 a été présentée dans la lettre de l’ASCAS de mai 2010.


B. Barling & Sons catalogue of pipes - Printed by Unwin Brothers - The Gresham Press - likely dated 1914, Courtesy Jesse Silver

Le travail de l’entreprise fut reconnu à l’Exposition Universelle de 1851, avec sa présentation d’un ensemble de « pipes en écume montées en argent »- catalogue Officiel de l’Exposition Universelle de 1850- page 147. Cette distinction représenta tant d’importance pour l’entreprise qu’elle afficha fièrement la médaille reçue en couverture dans son premier catalogue de pipes des décennies après (voir à gauche).


Dans les années qui suivirent, l’entreprise gagna puis confirma une réputation enviable du fait des parfaites qualités de fumage de ses pipes, aussi bien que pour leur interprétation unique des formes classiques, ainsi que le développement de quelques « nouvelles » classiques. Bien qu’elle ne soit pas la première entreprise à avoir taillé des pipes de bruyère (cette distinction est revendiquée par Loewé qui fut le premier à offrir des pipes de bruyère aux fumeurs anglais en 1856 – « Loewé de Haymarket – 1926 ») l’entreprise Barling fournit des garnitures d’argent finement ouvragées aux têtes de bruyère tournées par les pipiers français. Finir des têtes de pipe tournées à St Claude et d’autres centres manufacturiers était une pratique courante parmi les fabricants britanniques à la fin du XIXème et au début du XXème siècle.

Dans son article devenu un classique « Mystérieuses Barling », écrit pour la sortie du numéro du printemps 2000 de Pipes and Tabacco Magazine, Tad Gage écrit que la Compagnie Barling ne tourna pas à proprement parler ses propres têtes jusqu’ autour de 1909. Jon Guss, s’appuyant sur une affirmation de Montague Barling dans une revue commerciale anglaise, Tobacco, donne l’année 1906 comme celle à partir de laquelle Barling commença à tourner ses propres têtes (Guss), à la suite d’une grève dévastatrice des pipiers français.

Barling sera l’une des seules compagnies britanniques à tailler la totalité de ses têtes, jusqu’à ce que la famille vende l’affaire à leur plus gros client, Finlay, le 3 octobre 1960, ainsi que le rapporte le journal de l’industrie du tabac britannique Tobacco (Guss). Mais bien que la famille ait vendu l’entreprise, ses membres restèrent en place pour la faire fonctionner jusqu’à la mi-1962. Ceci est sans doute à l’origine des différences de date de transition rencontrées sur les différents sites d’histoire de la pipe.

Montague Barling restait encore président de la compagnie et Williamson-Barling, directeur général, position que, selon McNab, il occupera jusqu’en 1967. Guss raconte que Williamson-Barling partit réellement le 1er juin 1962 pour être remplacé par Ronald Gibbons (Guss). Cette différence de dates peut aussi être la cause de la différence de dates donnée entre la fin de l’époque de Transition et de l’époque Post-Transition.

On a récemment mis en lumière l’existence de lettres, écrites par Montague Barling, au cours de la période d’avril à juin 1962, période durant laquelle la compagnie Barling présenta des pipes à des célébrités fumeuses de pipe pour commémorer le 150ème anniversaire de l’entreprise. Nous avons inclu un exemple de cette correspondance sous forme d’un échange de lettres entre Mr Barling et Bing Crosby. Le papier à lettres de Montague Barling porte clairement l’empreinte du « Président ».


Ça vaut la peine de citer la lettre de Montague Barling à ce stade :

“Cher Mr Crosby,

Au cours d’une rapide visite à Jasper Park à la fin de l’été 1948, j’ai eu le plaisir d’avoir une conversation avec vous. Nous avons abordé le sujet de la pipe et je me rappelle bien votre enthousiasme et l’intérêt que vous portiez aux échantillons de bruyère.”

“Ça m’est revenu en mémoire car mon entreprise a réuni quelques beaux spécimens de pipes Barling dans des coffrets ( Companion cases) contenant chacun deux pipes. Elles ont été fabriquées pour commémorer le cent- cinquantième anniversaire de la création de l’affaire par mon grand-père en 1812.”

“Nous souhaitons qu’elles soient offertes aux plus célèbres fumeurs de pipe du monde, et j’ai pris la liberté d’inclure votre nom dans la liste. Seriez-vous assez aimable pour me faire savoir si vous accepteriez une telle présentation ?”

Bien cordialement,
B. Barling & Sons, LTD.


N’étant pas idiot, Bing accepta avec joie le cadeau.

Montague Barling, en réponse, remercia Bing Crosby, lui offrit le coffret de pipes du 150ème anniversaire et lui souhaita de nombreuses heures de plaisir à fumer avec elles. Dans sa lettre, Barling utilise encore les termes « mon entreprise ». Ainsi, en juin 1962, Montague Barling considère la B. Barling and Sons comme son entreprise. Et qui pourrait le lui contester?

Après la vente de l’entreprise, les changements vinrent peu à peu. Montague Barling dirigeait encore la compagnie. Guss conteste l’importance de la position de Monty comme Président à cette époque, mais pour l’instant c’est encore une question de conjecture (GUSS). Williamson - Barling atteignait la fin de son mandat de Directeur Général. Mac Nab et Ron Harden se souvenaient tous deux que Williamson-Barling occupa encore ce poste jusqu’en 1967. Mais comme Guss l’a découvert dans Tobacco, Williamson-Barling quitta la compagnie au début de juin 1962. Ron Harden, qui travaillait pour Finlay, et dont les souvenirs ont fourni l’essentiel des informations de Messieurs Gage et Macnab, rejoignit Barling comme directeur des ventes en 1964. Il devint plus tard Directeur Général, et on le crédite d’avoir plus tard sauvé de l’extinction la marque alors entre les mains d’Imperial Tobacco.


Les Epoques

D’après les recherches récentes, les pipes Barling ont traversé trois périodes distinctes qui ont radicalement influé sur le caractère collectionnable des pipes. Elles sont répertoriées comme les périodes dites de Pre-Transition, Transition et Post Transition.

On définit généralement les pipes Barling de l’époque Pre-Transition comme étant les pipes réalisées à l’époque où la famille Barling possédait et dirigeait l’affaire familiale.

Les Barling de l’époque Transition sont en général définies comme celles réalisées par l’entreprise qui a acheté l’affaire à la famille Barling.

Les Barling Post-Transition sont généralement définies comme les pipes réalisées par Imperial Tobacco après qu’il eut pris le contrôle et la direction de l’affaire. Ça semble clair et simple. Mais rien n’est réellement aussi clair ni aussi simple qu’il le paraît.

Plusieurs sources suggèrent des dates différentes pour chacune de ces époques. L’époque Pré-transition se termine soit en 1960, soit en 1962. L’époque Transition commence soit en 1960, soit en 1962, et se termine en 1964, 1968 ou 1970. L’époque Post-Transition démarre à l’une de ces dates et continue jusqu’à ce que les usines Barling ferment, la fabrication des pipes étant alors confiée d’abord à des fabricants anglais, puis plus tard des danois, puis par une filiale entièrement nouvelle qui avait très peu de liens avec les époques précédentes. Finalement, on vit apparaître des pipes Barling qui avaient été visiblement réalisés par Peterson, jusqu’au P-lip.

Et juste pour brouiller les cartes, il y a aussi un groupe de collectionneurs qui suggère qu’il existe deux périodes Transition, reposant sur la qualité davantage que sur la propriété de l’entreprise. Ces collectionneurs maintiennent qu’il y a une nette inconstance dans la qualité à partir de1954. La Transition 1 va de 1954 à 1962 et la Transition 2 va de 1962 à 1968.

La théorie des époques Transitions 1 et Transition 2 est largement ignorée aujourd’hui. Très peu peuvent dire la différence entre une pipe faite avant 1954 et une autre faite après.

Ceci dit, Guss soulève une autre raison de percevoir un changement dans la qualité des produits Barling.La guerre d’indépendance débuta en 1954 en Algérie et en conséquence, les sources d’approvisionnement en bruyère de Barling se tarirent. Ainsi que le note Guss, la direction de Barling le reconnut explicitement, et admit y avoir paré en s’approvisionnant en bruyère de « France, Italie, Sardaigne, Espagne et Grèce » en conséquence de la crise algérienne. Sur la base des données exploitées par Jon Guss et tirées des archives historiques des commerçants en tabac anglais et américains, à travers leurs publications commerciales de l’époque, on peut proposer une série de dates précises pour chacune de ces périodes. Ces dates sont aussi basées sur la définition des trois périodes données plus haut.


Les Epoques, à partir des données officielles

Pré-Transition : de 1812 (ou 1815) jusqu ’au 3 octobre 1960.
A cette date, la famille Barling vendit son affaire à Finlay, son plus gros client.

Transition : de fin 1960 jusqu’en février 1963.
Finlay était détenu à 40% par Imperial Tobacco. Imperial Tobacco détenait une option pour acheter le reste des parts de Finlay, ce qu’il fit en février 1963. Lorsque Finlay fut absorbé, Barling passa sous le contrôle direct d’Imperial Tobacco.


Période Post-Transition : depuis le début de 1963.
Imperial dirigea l’entreprise, certains diront jusqu’à sa perte. Ils fermèrent les usines Barling en 1970 et délocalisèrent la production des pipes, d’abord chez plusieurs pipiers anglais, et plus tard chez Nording, etc. En 1980, Bucktrout a acheté les droits de l’enseigne Barling, et les Barling sont devenues des pipes assez bon marché fabriquées par Peterson.

Bien que nous ayons des périodes dont la durée est liée à des données officielles, ce n’est quand même pas simple et voici pourquoi :

Après que la famille Barling ait vendu l’affaire à Finlay ils continuèrent à la diriger pour les nouveaux propriétaires. Pendant une période d’en gros 20 mois, on continua de fabriquer des pipes sans changement dans la nomenclature. Il n’y a aucun moyen de faire la différence entre les pipes fabriquées avant que Finlay n’achète l’entreprise et celles fabriquées après qu’il l’ait achetée. De même il n’y a aucun moyen de faire la différence entre une Pre-Transition tardive et une des premières Pre-Transition, d’après les critères traditionnels.

Okay, ainsi les premiers 20 mois de la période dite Transition sont pratiquement sans intérêt réel. Ensuite, au milieu de l’année 1962 Barling sort le catalogue de son 150ème anniversaire et annonce un changement de nomenclature. Ils changent le modèle de numérotation pour y inclure un premier chiffre indiquant la taille ou le groupe. Les vieux marquages de taille sont abandonnés.

A peu près en même temps la famille Barling se fait virer, et la direction est reprise par Finlay.

En novembre 1962 sort un nouveau catalogue pour les détaillants, qui montre une refonte complète de la ligne de produits et une nomenclature revue. Quelques mois plus tard, Finlay est absorbée par Imperial Tobacco, et avec elle B.Barling and Sons.


Cette période dite “Transition” ne peut en vérité être clairement définie. Seule exception, les pipes fabriquées durant une courte période de 1962, des pipes marquées « Barling’s Make » dont le code à quatre chiffres commence avec un 2, 3, 4 5 ou 6. Mais aussi certaines de ces Barling de 1962 sont frappées des deux types de codes numériques. Les premières pipes ressemblent à des Pré-Transition, les dernières à des Post-Transition. Utiliser le terme Transition pour définir ces pipes, ça ne marche pas.

Ainsi je laisse tomber ces définitions imprécises et j’utiliserai quelque chose de plus simple et de plus efficace : Epoque Familiale et Epoque Corporate (Société). Ce n’est pas parfait, mais c’est plus précis que ce que nous utilisons.

Ceux qui sont plus à l’aise avec les définitions traditionnelles peuvent toujours utiliser les informations qui suivent. Il faut suivre seulement le calendrier.

Epoques Redéfinies

  • Epoque Familiale 1912 – 1962: Les pipes sont fabriquées par la famille Barling qui détient et dirige toujours Barling & Sons.
  • Epoque Corporate (Société) 1962 à nos jours: désigne les pipes fabriquées après que la famille ait quitté la direction de l’entreprise, et commence avec la révision de la gradation de la production et la révision de la nomenclature, qui fut introduite dans le Catalogue des Détaillants de 1962.


Les pipes de l’Epoque Familiale sont très prisées par les collectionneurs et ont d’excellentes qualités d’esthétique et de fumage. Ces pipes sont renommées pour le « « vieux bois » dont elles sont faites. J’inclus les pipes « Barling’s Make » de 1962 dans cette catégorie, parce que à la base, elles ont été faites lorsque la Famille dirigeait encore l’affaire. Montague Barling était encore président, et Williamson-Barling directeur général.

Ces pipes de 1962 étaient faites par le même artisan à partir des mêmes matériaux, comme les productions antérieures. Certaines d’entre elles portent à la fois les anciens et les nouveaux marquages.


Les pipes de l’Epoque Corporate portent un marquage “Barling” sans apostrophe et sans “s”. Du fait que ces pipes partagent le même marquage que d’autres fabriquées aussi tard qu’en 1970 et au-delà, il est difficile de distinguer celles qui ont été faites à partir du matériau de l’Epoque Familiale et les autres. Un indice est l’absence d’un marquage TVF. A l’origine, le marquage TVF avait été abandonné, mais fut réutilisé dès 1965, si ce n’est plus tôt.

La nomenclature connut de multiples changements dans les quelques décennies suivantes, y compris un retour au marquage « Barling’s Make », en capitales. Mais à la différence du « Barling’s Make » de l’époque familiale, dont le « Barling’s » faisait un arc au dessus du mot « Make », ces pipes plus tardives portent le « Barling’s Make » sur une seule ligne.

Les Catalogues

Le catalogue du 150ème anniversaire n’est pas le premier catalogue sorti par Barling. On connaît au moins trois catalogues plus anciens. En plus du catalogue des environs de 1914 et d’une édition incomplète de 1922, tous deux provenant des mêmes archives, Guss a trouvé une publicité de 1904 pour un catalogue Barling différent (Guss).

La préface du catalogue B. Barling & Sons des environs 1910-1914, est maintenant incluse dans cette page de même qu’un scan de la couverture et différentes autres pages. En complément, Barling a sorti une brochure montrant leurs diverses lignes de pipe en 1957. (- http://yeoldebriars.com/barling018.html) Note : ce site est en japonais et il peut-être traduit en utilisant le traducteur de Google. Il y a une mine d’informations dedans. En plus les perles involontaires du traducteur seront source de divertissements.

Le catalogue des environs de 1914:

Le Catalogue Barling présenté ici était une copie de référence qui a été conservée dans les archives de l’entreprise Barling. Comme vous pouvez le voir, ce catalogue montre de belles pipes gravées de différentes formes. Chaque illustration est accompagnée du nom du modèle et d’un numéro. Les numéros de modèle comportent un chiffre, 2 chiffres, deux chiffres plus une lettre, trois chiffres, et trois chiffres plus une lettre. En plus des numéros de modèle, on a donné des noms aux pipes. La pipe montrée ci-dessous, le modèle numéro 31, est également appelée la « Montréal ».

Les ensembles en coffret reçoivent l’appellation « Special » et généralement un numéro à 4 chiffres, débutant par un 1. Différentes tailles de la même forme reçoivent des numéros de modèle unique sans lien entre eux. Toutes les pipes montrées ici ont un montage militaire, un spigot ou une bague en argent.

En plus de ce choix de modèles, le catalogue inclut des photos de l’usine Barling, certaines d’entre elles sont reproduites ici.


L’illustration suivante est un ensemble de pipes en coffret à montage spigot de 1926, qui ont toutes deux un numéro de modèle marqué sur la tige. Ceci indique que Barling marquait parfois le numéro de modèle sur ses pipes dès 1926.


Les catalogues du 150ème anniversaire et le catalogue des détaillants de 1962

150th Anniversary Catalog Cover
150th Anniversary Catalog Pricelist

En 1962 l’Entreprise B. Barling and Sons sort non pas un mais DEUX catalogues complets.

Les différences entre les deux catalogues sont suffisamment frappantes pour justifier ici une comparaison.

Leur contenu peut permettre de modifier la définition courante de ce qui définit une Barling Pre-Transition ou de l’Époque Familiale.

Le premier de ces deux catalogues est celui du 150ème anniversaire. La copie que nous avons, et à partir de laquelle nous avons tiré ces pages pour votre examen, inclut une liste des prix qui date de juin 1962. Donc nous pouvons fixer une période fiable pour ce catalogue. Souvenons-nous qu’au moment même où le catalogue était publié, Montague Barling écrivait à Bing Crosby et d’autres fumeurs de pipe célèbres pour leur offrir les plus fines bruyères que Barling ait jamais réalisées. Ça faisait partie de la commémoration du 150ème anniversaire, une commémoration dont la préparation avait pris plusieurs années. En page 36, sous le titre « Jubilee Companion Set » (« Ensemble apparié du Jubilée ») est écrit ceci :

« Depuis plusieurs années, dans l’attente de notre 150ème anniversaire, nous avons mis de côté certaines têtes de bruyère d’une valeur exceptionnelle pour qu’elles arrivent à maturité dans des conditions idéales ».

On devrait donc classer les plus fines Barling comme des « Transition » si l’on s’en tenait aux définitions courantes. Une autre raison pour lesquelles je n’en tiens plus compte.

C’est dans le catalogue du 150ème anniversaire que le nouveau système de numérotage apparaît d’abord. Le nouveau système de numérotage a été introduit alors que la famille Barling dirigeait l’affaire. Il est expliqué dans le tarif que le nouveau chiffre désigne la taille.

Toutes les pipes figurant dans ce catalogue présentent le logo frappé « BARLING’S » en arc de cercle au-dessus du « MAKE». Mais il y a un point intéressant. La plupart des pipes décrites possèdent le vieux système de numérotation. A l’évidence on n’a pas commandé de nouvelles photos des pipes pour le catalogue, sans doute parce que la direction pensait que la plupart des gens n’y ferait pas attention, ou ne s’en soucierait pas.

Mais intercalé entre ces images il y a d’autres images de pipes portant le nouveau système de numérotation frappé sur la tige. Et TOUTES ces pipes ont aussi le petit marquage « BARLING’S MAKE» en usage durant les années 30 et le début des années 40. Il semble plus raisonnable d’affirmer que Barling a réintroduit le petit marquage avec le nouveau système de numérotage que de soutenir qu’un grand nombre de pipes non marquées a été mis de côté depuis les années 30, y compris six années d’une guerre mondiale durant laquelle les envois de bruyère sont devenus une priorité moindre et où les fabricants se débattaient pour trouver le moindre stock qu’ils puissent transformer en produit fini.


Le catalogue contient une liste de gradations. De bas en haut ces grades sont : standard, sandblast (également appelé « Fossil » dans les marquages), Guinea Grain, Ye Old Wood Special, Straight Grain, et Presentation Straight Grain. Aucun des documents publiés auparavant par des sources tierces ne mentionnait qu’il y avait DEUX gradations de Straight Grain ! Mais avant de trop vous exciter sur l’une d’entre elle qui surgirait sur eBay, gardez en tête que la lettre du Diversey Machine Works à ses détaillants spécifie que la pipe « Presentation Straight Grain » est si rare que la période d’attente pourrait atteindre 10 ans !

En novembre 1962 B. Barling and Sons a publié un autre catalogue complet. Les différences entre les deux sont intéressantes. Commençons par les frontispices, présentés côte à côte.


Juin 1962 – Catalogue du 150ème anniversaire ‘ « Durant neuf règnes la famille Barling a développé et perfectionné son savoir-faire pour réaliser les pipes en bruyère de la plus fine qualité au monde. »

Novembre 1962 –Catalogue des détaillants- « Durant neuf règnes Barling a développé et perfectionné les pipes en bruyère de la plus fine qualité au monde ».

Le frontispice du catalogue des détaillants a été remanié pour ôter toute mention directe à la famille Barling.

Le catalogue des Détaillants de 1962 introduit un tout nouveau logo d’entreprise. Fini le traditionnel « BARLING’S MAKE » en capitales. A la place, un logo Barling en cursives. Cela montre ce qui a changé .Ce n’est plus une fabrication de Barling puisque il n’y a plus de Barling à fabriquer des pipes. C’est seulement Barling, un patronyme impersonnel.

Toutes les pipes figurant dans le Catalogue Détaillants sont marquées du nouveau logo. Voir les exemples ci-dessous. Pour ce changement d’images des gammes de pipes Barling, on a commandé de nouvelles photographies pour chaque modèle. Le soin apporté à ce changement d’image semble cohérent avec l’affirmation de Guss selon laquelle l’entreprise vacillait et qu’un redémarrage complet était nécessaire. (Guss)

Le système de gradation est simplifié dans le Catalogue Détaillant. Il y a maintenant 4 grades, standard, sandblast, Garnet Grain, et Guinea Grain.

Le système de numérotation introduit au catalogue du 150ème anniversaire a été conservé. Mais la numérotation comprend aussi une taille 1. Ainsi, avec la nouvelle gamme de pipes, on trouve maintenant des numéros à quatre chiffres commençant par un 1.

On peut envisager que le catalogue du 150ème anniversaire représente l’apogée de l’époque familial. Et, en se fondant à la fois sur les deux catalogues de 1962 et leur contenu, nous proposons que toutes les pipes portant le bloc « Barling’s » au-dessus du « Make » soient considérées comme « Family Era » sans tenir compte de la numérotation du modèle. Mel Feldman, l’expert en Barling hautement réputé, soutient ce point de vue. Comme le montre le Catalogue Détaillant de 1962 qui suit, c’est le changement du logo pour l’écriture « Barling » qui débute l’ « Epoque Société » (Corporate Era), pas la numérotation des modèles.

Ce qui suit est une discussion plus détaillée des deux Epoques.

Epoque Familiale – 1812 – fin 1962 Détails

La famille Barling a contrôlé la production jusqu’à cette époque. La qualité était excellente, cependant quelques sources signalent qu’une inconstance nette de qualité commence dès 1954.Comme établi plus haut, Jonathan Guss suggère que la guerre d’indépendance algérienne a joué un rôle dans ce changement de qualité dû à la pénurie de bruyère algérienne, que l’entreprise a pallié avec de la bruyère importée d’autres pays (Guss).

Avant 1954 les pipes Barling étaient faites à partir de vieilles souches de bruyère algérienne de grade “extra extra”, d’une qualité désormais indisponible. Barling dirigeait ses propres opérations de récolte, cherchant des souches âgées de 80 à 150 ans. Jonathan Guss souligne que Barling avait des intérêts commerciaux en Algérie dès 1928, bien que la nature et l’étendue de ces intérêts ne soit pas connue à l’heure actuelle.

Nous savons que Barling dirigeait ses propres opérations de récolte, ainsi que la découpe et la maturation de ses bruyères sélectionnées. Ces images de la brochure de 1920, Romance Of The Barling Pipe, nous montre des illustrations de leurs entreprises algériennes. La reproduction indique également que Barling recherchait de la bruyère âgée d’au moins 50 ans.

Alors que beaucoup recherchent un beau grain, ce n’était pas l’objectif de l’entreprise Barling, et nombre d’entre elles avaient un grain banal. Le but de l’entreprise Barling était simple, c’était de créer les instruments de fumage les plus fins dans l’histoire du monde. De nombreux connaisseurs pensent que ce but a été admirablement atteint.

En plus des qualités de fumage de leur bois séché à l’air, l’entreprise Barling équipait ses têtes avec des tuyaux fait-main que beaucoup tiennent pour les plus confortables jamais créés. Leur fabrication est irréprochable. Leur travail de l’argent demeure insurpassé.

Remarque intéressante, la bruyère algérienne n’était pas recherchée à l’origine, ayant la réputation de brûler de l’intérieur. Mais Barling prit le temps de traiter et faire vieillir proprement ce bois soigneusement sélectionné durant 3 ou 5 ans, avant de l’utiliser. De plus, Barling faisait des pipes aux parois épaisses, qui aidaient à limiter les risques de brûlure. La nature poreuse de cette bruyère donnait une excellente dissipation thermique et produisait une fumée fraîche.

Nomenclature de l’Epoque Familiale:

Avant toute discussion sur la nomenclature des pipes de l’Epoque Familiale, il est important de noter qu’il n’y a pas de d’absolues vérités. Les pipes Barling de cette période montrent une diversité remarquable en matière de nomenclature. De façon générale, on peut utiliser les informations qui suivent :

D’ après Tad Gage, les marquages Pré-1946 sont minimalistes. Les pipes d’avant la Deuxième Guerre Mondiale comportent rarement la taille, le modèle ou la gradation. Mais certaines pipes sont apparues avec des poinçons, dès 1925 avec un marquage de taille et dès 1926 un numéro de modèle. Il existe peut-être des exemples plus anciens, et si on en trouve on reverra les dates. Les exemples avec des poinçons sur l’argent montrent qu’autour de 1938-1940 un net changement dans la nomenclature est apparu, bien que clairement, la guerre et les bombardements de Londres ont eu un impact sur les pipes à montage d’argent et tout l’ensemble des pipes anglaises. Un catalogue George Yale de 1941 expose des marquages connus comme « YE OLDE WOOD », « TVF », et des noms de style comme « FOSSIL », qu’on ne trouve pas en général sur des pipes d’avant 1940, bien que « YE OLDE WOOD » apparaisse de loin en loin sur quelques exemples plus anciens (GAGE).


Sablages:

Jusqu’à récemment on croyait que Barling n’avait pas produit de pipes sablées avant la fin des années 30 et qu’elles n’avaient pas été enregistrées officiellement dans la gamme avant 1943. Il est possible que Barling ait produit des sablées beaucoup plus tôt, peut-être dès 1917, l’année où Dunhill est censé avoir inventé le sablage. Nous en dirons davantage sur cette éventualité un peu plus tard.

Barling Elite:

En 2014 une Barling marquée Elite est apparue sur Ebay. La pipe ressemblait à une Dunhill Prince sablée. Mais plutôt que d’être sablée, l’Elite était délicieusement sculptée pour ressembler à une pipe sablée. La qualité du travail est époustouflante.


Nous supposons qu’il s’agissait de la réponse de Barling à la finition shell de Dunhill.


Niblick:

En 1917 dans une édition de Tobacco World on trouve une ligne dans la gamme de produit d’une pipe faisant référence à une pipe appelée Niblick.

Je n’ai jamais vu de Barling Niblick, Tad, ni Jon n’en ont jamais vu non plus. La Niblick apparaît épisodiquement dans la gamme Barling. Elle apparaît dans quelques tarifs de 1920, également de 1938 à 1941. Alors que j’écrivais cette mise à jour, une Niblick est apparue dans un lot de pipes en ventes sur e-bay. La Niblick s’avère être une pipe sablée ! C’est un modèle 71 A, une des plus jolies formes de Billiard de Barling, et un modèle qui a persisté dans la gamme depuis bien avant la Première Guerre Mondiale jusqu’à l’Epoque Corporate.


Il y a fort à parier que la Niblick de 1917 soit une sablée. Mais jusqu’à ce que nous ayons réellement vu une Niblick clairement identifiable à cette période, la question reste posée. La Niblick disparaît de la gamme Barling vers 1941. En 1942 on voit apparaître des « sablée » sur le tarif. On ne trouve pas l’appellation « Fossil » dans la liste. Cette appellation semble être une idée marketing d’après la 2ème Guerre Mondiale. Entre les deux nous avons des sablées sans appellation spéciale.

La pipe sablée ci-dessous porte un marquage ‘Fossil ». Elle porte uniquement le petit marquage Barling’s Make et le ‘MADE IN ENGLAND ». D’après les recherches de Jonathan Gruss, on ne trouve aucune mention de pipes sablées dans les tarifs antérieurs à 1942.


Inventaire des logos:

Barling a commencé à fabriquer des pipes en montant des têtes d’écume, soigneusement sculptées en Autriche à partir d’écume turque. Ces têtes étaient munies de délicates garnitures en argent de la plus fine qualité. C’est un ensemble d’écumes de ce type qui a permis à Barling de remporter une récompense à l’Exposition Internationale de 1851. Leur poinçon d’orfèvre à cette époque était un « BB » pour Benjamin Barling.

Barling fournissait aussi des travaux sur argent pour BBB jusqu’à ce que BBB développe ses propres possibilités de travailler l’argent à Birmingham, en Angleterre, et commence à fabriquer ses propres garnitures en argent autour de 1910 (Gage). A l’époque où Barling fabriquait des garnitures en argent pour BBB, le poinçon de Barling était passé à un « EB » surplombant un « WB » pour Edward et William Barling. Beaucoup de pipes Barling en bruyère fabriquées avant 1906 ne portaient aucun marquage d’entreprise, à l’exception du nom de la boutique qui les vendait.

Pratique courante à l’époque, l’essentiel des têtes que Barling utilisait avant 1906 étaient importées de St Claude dans le Jura pour être finies dans les usines Barling. Si quelque chose pouvait identifier Barling en tant que fabricant, c’était leur poinçon de fabricant, EB au-dessus de WB, frappé sur un montage d’argent A la fin du XIXème siècle, le marquage BARLING’S MAKE apparaît sur certaines pipes, preuve que Barling fabriquait quelques unes de ses pipes du début à la fin. Le BARLING’S MAKE avait le mot « BARLING’S » arqué au dessus du mot « MAKE » en lettres capitales. Barling utilisa ce logo en capitales jusqu’à la fin de 1962.

En plus du logo en capitales, Barling utilisait un logo en écriture cursive pour ses pipes spéciales comme ses publicités ou ses emballages. Les pipes Guinea-Grain et la gamme de pipes à filtres Cyg-Smoker utilisaient un logo Barling’s en écriture cursive. A noter qu’il y avait une apostrophe et un « s ».

La gamme de pipes à filtre Pipelet utilisait un logo Barling en cursives sans apostrophe ni « s ».

Au cours des années 30 et du début des années 40 le logo BARLING’S MAKE apparait en petite version avec un style de lettres plus simple. Après la Guerre, le petit logo « BARLING’S MAKE » fut abandonné et un plus grand logo fut utilisé. Le logo plus grand sera utilisé jusqu’en 1962, où le logo des années 30 sera réintroduit avec le nouveau système de numérotation. Au cours des années il y eut des changements et des ajustements dans la nomenclature, alors que le logo de la compagnie demeurera constant.

Une pipe intéressante de forme calebasse en bruyère de 1908 qui porte le nom de commerçant sur le côté gauche de la tige avec le marquage « « BARLING’S MAKE » de l’autre côté à un emplacement moins couru. A la place du célèbre marquage « MADE IN ENGLAND », le mot « ENGLAND » est placé en dessous du marquage « BARLING’S MAKE ». Le marquage Barling en croix ne figure pas sur le tuyau ……

Marquage “Ye Olde Wood:

Quelque part vers 1913, le marquage « YE OLDE WOOD » fit son apparition sur certaines pipes. On trouve un exemple de ce marquage sur une pipe au poinçon de 1913.

Ce logo continuera à être utilisé pendant les décennies suivantes. A l’origine il était utilisé pour désigner une gradation plus haute que la moyenne, davantage que la gradation ‘Special » le sera après la Seconde Guerre Mondiale ». Les tarifs montrent les pipes « YE OLDE WOOD » comme une gradation à part des pipes « BARLING’S MAKE ». Finalement, « Ye Olde Wood » en vint à représenter l’entreprise dans le monde. L’utilisation du marquage « YE OLDE WOOD » antérieurement à 1940 était aléatoire, au mieux, bien que l’entreprise ait utilisé ce slogan dans son matériel publicitaire dès sa toute prime jeunesse (GAGE).


Logo Barling en croix:

On ne sait pas quand le logo Barling en croix fit son apparition, mais il en existe un exemple sur une pipe avec un poinçon de 1923. Et plusieurs pipes du milieu des années 20 rajoutées dans cette mise à jour montrent aussi le logo Barling en croix.

Numéros de modèles :

Egalement d’après Tad Gage, le seul numéro à quatre chiffres indiquant une Pre-Transition débute par un « 1 », qui était utilisé pour les pipes vendues en Angleterre. Toute autre pipe Barling à quatre chiffres est une pipe de la période Transition – (Tad Gage dans P&T magazine).

Les numéros de modèle furent à l’occasion frappés en dessous du logo dès la fin des années 20.

Barling Globe: Une vérité constante sur la nomenclature Barling, c’est qu’elle est erratique, pour prendre le mot juste. Cette Barling Globe de 1925 a un marquage de modèle. Mais ce marquage de modèle n’est pas le même que celui du catalogue de 1914. Le numéro du modèle était 471 ou 472, en fonction de la taille. Cette pipe est marquée T1133.

Barling a-t’il changé son système de numérotation vers cette époque? Aurait-ce pu être une numérotation spéciale pour un vendeur spécifique ? Barling utilisait encore les mêmes numéros que dans son catalogue 1914 à cette époque mais l’emplacement était différent. Voir la pipe modèle 31 de 1926, illustrée au paragraphe correspondant du catalogue de 1914.

Et l’histoire n’est peut-être pas finie, du fait que des bribes de l’histoire Barling continuent à remonter à la lumière. D’après un article du milieu des années 1920, publié dans la version américaine de Tobacco World, que m’a envoyé Jon Guss, Barling a cessé d’exporter ses pipes vers les Etats-Unis en 1914, avec les débuts de la Première Guerre Mondiale. L’article du Tobacco World US débutait par l’indication que Barling envisageait de retourner sur le marché américain. C’est autour de cette époque, que la numérotation à quatre chiffres, commençant par un « 1 », apparaît sur ces pipes. Les numéros de modèle du catalogue de 1914 disparaissent en grande partie.

Numérotations Nichols:

Les pipes destinées au marché américain portent un numéro de modèle à trois chiffres. Toutefois, les Barling de l’Epoque Familiale peuvent avoir deux chiffres et pas trois, et peuvent également avoir une lettre qui suit le numéro de modèle. Par exemple la lettre « M » qui suit un numéro de modèle indiquerait que la tête est doublée d’écume.

Le marquage des numéros de modèle sur les pipes devint plus fréquent après la Seconde Guerre Mondiale, bien que comme dans toute nomenclature Barling leur apparition soit un peu aléatoire.


Autre nomenclature:

Le marquage “MADE IN ENGLAND” a été utilisé des années 30 jusqu’en 1962. Comme pour tout ce qu’on raconte à propos de la nomenclature Barling, il existe des variations. Parfois il n’y a pas de marquage “MADE IN ENGLAND”. On trouve des exemples avec un « MADE IN LONDON » par-dessus le marquage « ENGLAND ». Et on trouve des exemples de « MADE IN ENGLAND » sans point après le mot « ENGLAND ».


Marquages des tailles:

A partir de 1926 et peut-être avant, Barling a utilisé des numérotations de modèles particulières, sans aucun rapport, pour désigner différentes tailles dans une forme spécifique. Ils produisaient leurs pipes en trois tailles, petite, moyenne et grande

Les tarifs de Barling montrent qu’ils ont continué à proposer leurs pipes en seulement trois tailles, small, medium et large (petite, moyenne et grande) jusqu’en 1941. C’est tout : small, medium et large. Aussi quand certains annoncent qu’ils possèdent une Barling EL,EXEL ou autre taille des années 30, ils se trompent.

En 1941 la gamme de tailles offertes s’agrandit. De la plus petite à la plus grande, il y avait SS, S, S-M, L, EL, EXEL, et EXEXEL. Il n’y avait pas de « G » pour géante. Les pipes géantes, ou magnums, qui sont des billiards standard surdimensionnées, ne sont pas marquées « G » mais sont aisément identifiées comme telles par les collectionneurs car elles sont nettement plus grandes que même les pipes EXEXEL, et ne portent pas de marquage (Gage).

Les marquages de taille étaient rares avant la Seconde Guerre Mondiale, mais il existe un exemplaire de 1925 dont nous parlerons plus loin comme faisant partie d’une gamme oubliée de pipes Barling.

Marquages de formes de tuyaux:

LF (long flat- long et plat) and LLF (long-long flat –très long et plat) étaient utilisés pour les pipes de forme canadienne avec des tiges d’une longueur inhabituelle et en général de taille EXEXEL. Ces marquages furent ajoutés plus tard vers la fin de l’époque où la famille était propriétaire, et elles auraient été uniquement désignées comme EXEXEL avant l’introduction de ces marquages (GAGE).

Marquages de brevets:

En plus des marquages de la bruyère, les tuyaux Barling avaient des marquages qui se rapportent à des périodes spécifiques. En 1935 Barling reçut un brevet pour un tuyau qui transformait radicalement le flux d’air aussi bien qu’il rafraichissait la fumée.

Les pipes fabriquées en 1934-35 peuvent avoir les mots “ Reg'd Design » en dessous:

• REG'D 98 046 - US patent number - 1936 - 1949 • REG'D 42/8968 - WW2 production - 1942 - 1950 • REG'D 754 068 - WW2 production • Barling Design - 1950 - 1962

Toutes les pipes ne portaient pas ce marquage sous le tuyau, mais sa présence est un bon indice de la période de fabrication, à condition que le tuyau soit original.

Tout au long de son histoire, Barling a continué à innover dans le domaine du tuyau et de la forme de lentille. Ci-dessous on peut voir des exemples de plusieurs brevets récompensant l’entreprise dans ce domaine.

Pipes avec filtre

A ses débuts dans les années 20 l’entreprise Barling proposait plusieurs modèles de pipes équipées de filtres. Le modèle Tro-Tube proposait un filtre tubulaire en aluminium. Un exemple frappant de cette gamme de pipes est présenté sur cette page.

Barling proposa également une gamme de pipes à filtres appelée les “CYG-Smoker”. La gamme de pipe « CYG-Smoker », à l’attention des fumeurs de cigarette qui inhalaient la fumée, d’après les brochures de la compagnie (Gage) utilisait aussi le même logo en cursives qui apparaît sur la ligne de pipes Guinea Grain. Ces pipes utilisaient un filtre en papier absorbant qui était doublé d’aluminium. Les CYG- smokers étaient proposées dans les années 50.

Gage remarque, à partir d’un tenon et d’une construction avec orifice d’air, qu’un certain nombre de pipes Barling de tout genre possédait à l’origine un filtre, et l’entreprise avait déposé un certain nombre de brevets pour des filtres de pipes (Gage).


La gamme Pipelet de pipes à tubes d’aluminium avait un logo « Barling » en cursives, sans apostrophe et sans « s », annonçant le futur logo de l’Epoque Entreprise. Elle présentait un floc en aluminium.


Epoque Familiale Grades et gammes:

  • Les pipes de l’époque familiale présentaient un certain nombre de grades:
  • Standard ou "Barling’s Make" (la distinction n’a rien à voir avec un niveau de qualité) (Gage). Les plus vieilles pipes porteront souvent le Barling’s Make sur un des côtés de la tige, et le nom de la boutique, ou rien du tout, de l’autre côté.
  • Forte – en se fondant sur leur prix, elles apparaissent d’un grade sensiblement plus élevé que le standard Barling’s Make.
  • Ye Olde Wood – quelquefois référencées par les collectionneurs comme des YOW, elles peuvent avoir une teinte prune ou foncée.
  • Ye Olde Wood Special ("Special" en script) – il s’agit de pipes avec un plus joli grain, souvent des pipes combinant cross grain et birdseye, et qui étaient en général laissées en finition naturelle ou légèrement teintées, plutôt qu’avec une teinte foncée.
  • Guinea Grain – quelque chose entre une « flammée » et un « grain droit », présentant souvent un grain fin et serré. Ces pipes portent un logo »Barling’s » en cursives et « EB » frappé sur la tige (hommage à Edwin Barling) (Gage), un marquage d’un bloc « Ginea Grain Reg’ d» pour rappeler le brevet pris sur le nom, et habituellement aussi un marquage indiquant la taille. Cependant il n’y avait pas de marquage « TVF » .Elles étaient teintées avec une teinture spéciale de nuance noyer destinée à mettre en valeur, comme le notait une publicité de l’entreprise, une couleur scintillante et un grain contrasté qui imitait l’éclat de la guinée d’or anglaise (Gage).
  • Birdseye – pipes avec un grain oeil de perdrix particulièrement beau. L’un des plus rares des marquages Barling car il fut introduit très tard au cours de la période durant laquelle la famille possédait l’entreprise (Gage).
  • Straight Grain - La plus haute gradation de Barling au cours de la période de pré-transition, les pipes ne portent pas de numéros de modèle ou d’appellation de taille. Cette appellation ne fut pas introduite avant les années 30. Auparavant toutes les pipes étaient marquées « Barling’s Make » sans tenir compte de la finesse du grain. Les Straight Grain sont apparues au catalogue de 1962, en même temps que d’autres changements sous la nouvelle direction (Gage)
  • Cyg_Smokers - filtre papier doublé d’aluminium-dès la fin des années 50.
  • Pipelets - Floc aluminium
  • Barling De Luxe - Floc aluminium
  • Super Tro-Tube - pipe à filtre - depuis 1936
  • Denture - Uniquement en taille Medium et petite, avec une lentille conçue spécialement.
  • Barling Niblick – apparaît de façon sporadique dès 1917. Réapparait sur les tarifs de 1938-1941.Sablage.
  • Fossil - Sablage, le plus probable est que ce logo soit apparu après la Seconde Guerre Mondiale. Le catalogue de 1943 affiche « sandblast » et non « Fossil ».
  • FREAK –pipe à pans pièce unique –précurseur des Quaints. Années 1920.
  • Elite Finition rustiquée années 20


Intéressant à noter, la “Giant » qui est une autre gradation, jamais estampillée en tant que telle, mais qui est de toute évidence une billiard de proportions classiques mais d’une taille exceptionnelle, et facilement identifiable par le collectionneur averti. Elles sont apparues dans les années 40. Certaines portaient un numéro de modèle, d’autres non, mais elles n’étaient pas marquées « EXEXEL ». Ce qui indiquerait que cette taille était considérée comme au dessus de ce qu’on pourrait appeler une extra-extra large. Tad Gage note que ces pipes peuvent être plus grandes de 30 % voire plus que les EXEXEL. Vraisemblablement, il s’agit de commandes. Elles ne portaient pas en général de gradation, mais à l’occasion les géantes sablées étaient marquées « Fossil » (GAGE).


De plus, il y avait les Quaints (pittoresques, curieuses. ..) qui constituaient une catégorie par elles mêmes. La famille Barling mettait son point d’honneur à produire des pipes sans défaut, sans mastic ni sandpit. Dans certains cas, les pipes qui présentaient des défauts d’aspect étaient sablées. A l’occasion, une pipe d’un grain exceptionnel, souvent du niveau Guinea Grain ou Straight Grain, mais gâchée par un sandpit, était alors travaillée à la main pour en faire un chef-d’œuvre merveilleux et unique. La tête serait taillée en panneaux, et /ou cannelée, et les parties qui pêchent seraient recouvertes de délicats entrelacs, d’un dessin d’une symétrie plaisante. Aucune ne ressemble à l’autre, mais souvent ces sculptures constituent ce que les collectionneurs appellent des « pattes de mouche » ou des « radiateurs » (Gage).Chaque Qaint est un modèle unique, fait main, soit rustiqué, soit travaillé comme des modèles lisses à facettes. L’entreprise Barling ne désignait pas ces pipes comme des « Quaints ». C’étaient simplement des pipes sculptées à la main. Mais, en regard du travail de sculpture, leur prix atteignait celui des grains droit. D’après Ronald Harden, Monty Barling imagina le concept des Quaint et esquissa nombre de ces dessins (Gage).

Actuellement, les recherches menées par Jon Guss et Tad Gage nous apprennent qu’un monsieur du nom de Bob Channan, un Maître pipier et sculpteur d’expérience chez Barling, aurait été l’expert qui a sculpté ces magnifiques créations. Ce sont des hypothèses, mais je crois que c’est important de l’évoquer car le dessin des Quaints est d’une incroyable qualité artistique, et un heureux mélange de motifs rustiques et industriels. Ces pipes sont des chefs d’œuvre de design et de créativité qu’il s’agisse de ceux qui ont conçu les designs ou de ceux qui en ont tiré un résultat sans défaut. (Gage).



La Barling « Freak » (Phénomène):

En 2014, une Barling est apparue avec une nomenclature jusque là oubliée. Il s’agit d’une billiard courbe à pans, avec une bague d’argent qui porte des poinçons de 1925. Elle est aussi marquée « Freak » (Phénomène). Elle porte également un « L » comme marquage de dimension, ce qui en fait la toute première des Barling connues à porter un tel marquage. C’est tout simplement une pipe merveilleuse. Toute notre gratitude à Richard Gray pour nous avoir permis de l’inclure dans cette mise à jour.


Article indicating Horry Jamieson carved the "FREAK"
1926 Barling Ad mentioning the "FREAK"

D’après l’article à gauche, les FREAKS ont été réalisées par Horry Jamieson, qui a fait également nombre des Qaints de chez Barling..


Bien que non mentionnées dans d’autres documents sur les Barling, les FREAK avaient suffisamment d’importance pour justifier leur apparition sur les publicités Barling, comme on peut le voir à droite.


Géantes:

Barling n’a pas spécialement réalisé de pipes géantes. Mais Barling a proposé des versions géantes de ses pipes dès 1909. La publicité ci-contre fait mention de « tailles géantes ».

Par exemple cette Hawksbill des années 20 Elle a pour dimensions:
Longueur: 16,6 cm
Hauteur: 4,26 cm
Diamètre extérieur : 6,24 cm
Diamètre de la chambre: 2,1 cm
Profondeur : 3,33 cm
Diamètre de la tige : 2,08 cm


Formes

L’entreprise Barling a produit un grand nombre de formes anglaises classiques de toutes sortes. On a écrit qu’ils ont principalement produit des billiards et des pots car Montague Barling pensait que Peterson avait la mainmise sur le marché des courbes, et que Charatan dominait la catégorie des formes Dublin. Mais leurs catalogues, y compris celui des environs de 1914, montre un large assortiment de formes y compris des pages de pipes courbes, dublins, bulldogs et autres formes classiques. Barling a produit toutes sortes de formes et essayé constamment des variantes. Ça fait partie du charme.

Comme s’il n’existait pas suffisamment de variétés pour amuser le collectionneur, l’entreprise Barling a réalisé nombre de pipes personnalisées sur commande spéciale pour sa clientèle. Les commandes spéciales n’ont pas de numéros de modèle car ce ne sont pas des modèles standards.


La boîte

L’intérieur des boîtes Barling comporte une étiquette collée à l’intérieur. Tous les cinq ans l’ancienneté de l’Entreprise Barling était mise à jour sur cette étiquette. En regardant l’étiquette on peut à peu près estimer l’époque à laquelle la boîte a été fabriquée. Si c’est la boîte d’origine de la pipe (ce n’est pas toujours le cas), cela peut également indiquer à peu près quand la pipe a été fabriquée.

Epoque Corporate : du milieu de 1962 à l’époque actuelle

Je garde les termes de Transition et Post Transition ici car les informations qui suivent montrent à l’évidence pourquoi il n’existe pas de désignations pratiques. Ainsi qu’établi plus haut dans cette mise à jour, l’époque Transition débute en octobre 1960 et se termine en février 1963 : Durant les 20 premiers mois de l’époque Transition, on ne peut distinguer les pipes produites par Barling, propriété de Finlay des pipes produites par Barling, propriété de Barling. La famille Barling a continué de diriger l’entreprise pour le compte de Finlay. La qualité de production et le management familial en étaient les constantes. La production des 20 premiers mois de la Transition ne peut être identifiée, ainsi la distinction n’a pas de sens.

Avant d’aller plus loin dans ce chapitre, il est utile de discuter des incidences de l’article de Jonathan Guss sur la période Transition. Pour comprendre pleinement cette partie de l’histoire de Barling vous devez lire l’article de Jon. Mes références reprennent seulement un petit pourcentage de ses trouvailles.


On peut résumer ainsi l’histoire qui s’est répandue parmi les passionnés. Durant 150 ans la famille Barling a réalisé une production de qualité supérieure qui a pris rang parmi les meilleures du genre. Ensuite la famille a vendu l’entreprise. A l’origine, la dite «Entreprise de Transition”, que nous savons maintenant être Finlay, garda vivante les traditions en utilisant le même célèbre «olde wood » et les mêmes artisans avant que la qualité ne commence à décroître. Ensuite l’entreprise de transition fut vendue à Impérial Tobacco et la qualité dégringola en direct. Théoriquement, les collectionneurs agissent comme si la famille Barling était partie un vendredi et que le lundi suivant la nouvelle direction avait pris les commandes. Les pipes auraient commencé immédiatement à en pâtir et par conséquent les pipes de l’époque transition sont intrinsèquement inférieures et plus encore les pipes post-transition.

Guss démontre que la transition est un peu plus compliquée que ça. Pour commencer, le célèbre vieux bois, cette superbe bruyère algérienne avec une exceptionnelle dissipation thermique, était largement remplacée des années avant que l’entreprise soit vendue. Aussi tôt que 1954, Guss écrit que Barling a été forcé de compléter son stock avec de la bruyère provenant de plusieurs autres pays (Guss). Ces pipes étaient–elle intrinsèquement inférieures ? D’après le ressenti des collectionneurs et des vendeurs, quasiment personne n’a fait la différence. Les rares fois où il en est fait mention dans un forum, aucun des commentaires n’oppose la bruyère venant de Grèce ou de Sardaigne à la bruyère algérienne. Partout où Barling s’est approvisionnée, l’entreprise continuait à utiliser le meilleur.

Guss situe la vente de l’Entreprise au 3 octobre 1960, comme rapporté dans le “Trade journal Tobacco”(Guss). Et votre serviteur a établi que la famille Barling occupait encore ses sièges jusqu’au moins à la mi-1962, une période en gros de 20 mois. Guss a rectifié mon erreur sur l’année de cessation d’activité de Williamson chez Barling (Guss). Durant cette période Barling a continué de produire des pipes qui sont reconnues comme des pré-transition, même si elles ont été faites après la vente de l’entreprise, durant une période ou la qualité était censée commencer à chuter. Pourquoi ces pipes sont-elles reconnues comme des pré-transition alors qu’elles ne le sont pas ? Parce que les marquages n’ont pas changé durant ces 20 mois qui ont suivi la vente de l’entreprise et par conséquent les collectionneurs ne font pas la différence. Ci-dessous une Barling de l’époque transition qui passe pour une pré-trans.

Le vendeur présentait celle-ci comme une pipe pré-transition. L’acheteur est avec un peu de chance heureux de son achat. Techniquement, c’est une pièce de l’époque transition, fabriquée après la vente de l’entreprise, si l’on s’en tient à la définition qui prend en compte le propriétaire de l’entreprise plutôt que celui qui a réalisé la pipe. Redisons le, il y a eu 20 mois de fabrication de pipes pré-transition faites après la vente de l’entreprise. Il y a 4 à 5 années de Barling pré-transition fabriquées avant la vente et qui n’ont pas forcément été faites en vieille bruyère algérienne. Puisque personne ne semble faire la différence, il est clair que la direction de Barling avait fait un excellent travail de sélection et de traitement de la bruyère utilisée en remplacement.

La transition n’est pas l’affaire d’un soudain changement qui se mesure en semaine ou en mois, mais un changement progressif qui se mesure en années. Le glissement de l’époque pré-transition à l’époque transition est, pour utiliser un terme plus juste, interpénétrable. Si un collectionneur veut avoir une Barling pré-transition en vieille bruyère algérienne, il doit rechercher parmi les pipes d’avant 1955. Il s’agira de pièces avec bagues poinçonnées, avec numéro de brevet, ou plus anciennes. Non pas que cela importe vraiment. Comme on vient de le dire, personne ne fait de différence en ce qui concerne la bruyère, c’est juste une question de finitions, et qui ne sont plus apparentes après 60 ou 70 ans.


Les numérotations de modèles et les logos ont changé au milieu de 1962, pendant que la famille Barling était encore aux commandes. Ces pipes Barling’s Make avec leur nouveau système de numérotation furent produites seulement quelques mois en 1962.

A l’occasion on peut voir en vente une pipe Barling dont le vendeur dit que c’est une “early transition” (Transition du début). Les marquages semblent exactement les mêmes que ceux des autres pipes transition, avec un logo Barling en écriture cursive et London England en dessous en capitales. Comment dire ? Quelques collectionneurs très expérimentés affirment qu’ils peuvent reconnaitre une Pre-Transition à son bois, quand d’autres soutiennent que c’est à l’ébonite des tuyaux. Mais pour l’immense majorité, il n’existe pas de méthode d’identification certaine.


La seule sous-catégorie de pipes qui peut clairement se réclamer d’être des « Transitions de début », hormis leur reconnaissance en tant que pré-Transition, est celle des « Barling’s Make » fabriquées en 1962 après que le nouveau système de numérotation ait été mis en place. Ces pipes, et seulement celles-ci peuvent clairement être datées d’une période spécifique grâce aux deux catalogues Barling de 1962 qui documentent la période. La période de fabrication de ces pipes a dû être au plus de quelques mois.

Certaines de ces pipes ont un marquage TVF, et c’est pourquoi Gage fait une exception à sa règle de numérotation des modèles. Puisque le marquage TVF a été ajouté avant la finition des têtes, Gage identifie ces pipes comme des Pré-transition.


D’autres spécialistes des Barling estiment que toutes les pipes qui ont le vieux logo arqué ont été faites avant la vente de l’entreprise et comme telles sont des Pré-transition sans distinction du marquage du numéro de modèle. Mel Feldman, qui fait autorité en matière de Barling, qui a possédé, tenu et vendu des milliers de pipes Barling, considère que TOUTES les pipes marquées « BARLING’S MAKE » sont des Pré-Transition.

En se fondant sur l’article de Guss, qui implique une vingtaine de mois de fabrication de pipes « Pre-Transition » après que Finlay ait acheté Barling, je dirais qu’il n’y a pas de différence entre ces « Transitions du début » et celles généralement considérées comme des Pré-transition, à l’exception du marquage du modèle. Le travail et les matériaux sont les mêmes. Quelle est la différence entre les pipes « Barling’s Make » de 1962 et celles fabriquées juste avant ? A l’exception du marquage de modèle, la différence est NULLE.

1962 "Barling's Guinea Grain". Note the Family Era Guinea Grain logo with the apostrophe and the "s" while the model number is the new numbering system- Courtesy of Mike Ahmadi

Quelle que soit la manière dont on choisit de les définir, ces pipes ont les mêmes caractéristiques de fumage que celle reconnues comme Pre-Transition, et pour une petite partie de leur prix, pour l’instant du moins.

Quant aux pipes portant le nouveau logo en cursive, leur date de fabrication est une pure conjecture.

A la fin de 1962, Barling fournit aux détaillants un catalogue montrant des photos actualisées de sa nouvelle ligne de produits. Ces pipes portaient un logo Barling en script sans apostrophe et sans lettre « s ». Son frontispice abandonnait toute mention de la famille Barling et le remplaçait juste par Barling, un nom de marque associé aux multiples autres marques du groupe Imperial Tobacco.

Nomenclature du début de l’Epoque CORPORATE

Un logo Barling en cursives remplace le logo » Barling’s Make ». Ce qui a du sens, étant donné qu’aucun Barling ne fabrique plus de pipes.

Ces pipes gardent le modèle de numérotation à 4 chiffres introduit au milieu de 1962, mais on introduit aussi une taille 1, ce qui veut dire qu’il y a des numéros à 4 chiffres commençant par un 1. Le numéro de modèle est placé juste en dessous du logo Barling.

Les mots LONDON ENGLAND sont marqués sous le numéro de modèle. Le marquage « MADE IN ENGLAND » est abandonné.

Ye Olde Wood et TVF sont tous deux abandonnés. Il réapparaîtront au milieu des années 60.


Grades du début de l’Epoque CORPORATE

La nouvelle ligne de pipes Barling se présente en 4 gradations ;

Barling 1962 price list.jpg

STANDARD - Remplace la gradation de base Barling
GARNET GRAIN - Remplace la finition Ye Olde Wood
SANDBLAST - Remplace les Fossil
GUINEA GRAIN - Le logo en cursives « Barling’s » de l’Epoque Familiale est remplacée par le logo « Barling » de l’époque Corporate, sans apostrophe ni « s ». Cette distinction est importante car beaucoup de pipes Guinea Grain de l’Epoque Corporate sont confondues avec des pipes de l’Epoque Familiale.

Marquage du tuyau

Le logo Barling en croix est conservé.

A l’origine, la direction de Finlay utilisa le stock restant de têtes déjà tournées par l’entreprise familiale, puis continua à tourner d’autres têtes avec le vieux bois restant dans l’inventaire, et de plus, au début, ce travail était réalisé par nombre des mêmes artisans. L’usine continuait à sortir un produit de qualité sous la direction de Finlay. La production fut accrue pour produire davantage des marques propres de Finlay et Bewlay, aussi bien que pour d’autres fabricants de pipes comme Colibri, Falcon et Ronson. De plus, plusieurs lignes de « marque seconde » furent développées, et parmi elles Portland, BB&S, Cragmoor et London Brand. Ainsi qu’établi précédemment, le dernier catalogue de détaillants de 1962, distribué en novembre, montre clairement un nouveau logo, un « Barling » en cursives. Ainsi depuis la fin de 1962 il n’y a plus de pipes marquées de l’ancien logo « Barling’s Make » en arc. La page d’introduction est reproduite ci-dessous et comme vous pouvez le voir, elle mentionne 150 ans de fabrication de pipes.


Retailers'-Barling catalog scan pg3.jpg


On continua à fabriquer des Quaints durant cette période. Initialement les Quaints poursuivaient la tradition. Mais à un moment donné on décida de mettre en place une ligne de Quaints, un peu plus d’une demi-douzaine de modèles fixes qui ne manquaient pas d’intérêt mais n’étaient qu’une pâle copie des originaux.

A Later Transition Barling Quaint - Courtesy of Mike Ahmadi

L’époque Post Transition est dans le prolongement

On admet généralement que l’époque Post Transition débute autour de 1967-1968 avec la prétendue vente de « l’entreprise de Transition » à Imperial Tobacco. A ce moment la qualité est censée avoir connu un sérieux plongeon. Rien de tout ceci n’est exact.

Pour résumer

Finlay a acheté Barling vers la fin de 1960. Imperial Tobacco possédait 49% de Finlay (Guss) à l’époque de la vente. Imperial Tobacco annonça le 23 mars 1963 qu’il avait racheté les 51% restants de Finlay et passé le stock de Finlay dans le stock d’Imperial Tobacco (Guss). Ainsi, si la période Post-Transition débute avec la prise de contrôle directe de Barling par Imperial Tobacco, alors la période Post-Transition débute au début de 1963.

Quelle différence y –a- t’il entre les nomenclatures des pipes fabriquées sous management de Finlay et des pipes fabriquées sous management d’Imperial au moment du rachat de Finlay par Imperial ? Encore une fois, la différence est RIEN DU TOUT. Ainsi ni le commencement ni la fin de l’époque Transition ne peut être déduite à partir de la production. Encore une fois, cette distinction est vaine.

Au fil du temps, il y aura des changements dans les lignes et la nomenclature. Mais il n’existe aucune césure nette pour marquer le début ou la fin de quoi que ce soit. Il y a des changements progressifs de gradations, de nomenclatures et de fabricants au long des 17 années suivantes.

Ce qui est clair c’est que cette période qui va de 1963 à 1970 a vu un accroissement important de l’éventail des produits manufacturés sous le nom Barling, ainsi qu’une augmentation dans la variété de la production réalisée dans ses deux usines.


Epoque Corporate plus tardive

A partir de 1970, la variété des produits s’était étendue à tel point que Imperial Tobacco décida de réattribuer l’exploitation de Barling à sa branche Ogden. A peu près au même moment les deux usines Barling de Park Street et Jeffrey Place furent fermées et la production des pipes Barling fut confiée à des pipiers indépendants, deux d’entre eux ont été identifiés comme étant Charatan et Oppenheimer.


Lignes et Nomenclature

A la fin des années 70, de nouvelles lignes furent introduites et l’entreprise prit la forme nouvelle de Barling of England.
A la fin des années 70, la fabrication des pipes Barling fut déplacée au Danemark, où Eric Nording fabriqua les pipes Barling pour Imperial. Il peut y avoir eu d’autres entreprises, mais à ce jour, aucune n’a été identifiée. Nording déclare qu’il a fabriqué environ 100 000.pipes pour Imperial. A la fin des années 70, la production Barling fut éclatée en quatre séries:

  • La série Londoner Pipes, à prix réduit, qui était produite en deux finitions, Standard et Sablée.
  • La série Original Pipes qui poursuivait les finitions Guinea Grain, Standard (qui remplaçait la finition Garnet Grain) et Sablées, et à laquelle fut ajoutée la finition Vintage.
  • La série Merschaum Pipes, qui fut produite en quatre finitions, Polished, Golden Emperor, Regency et Bruno
  • La série Presentation Pipes, qui était une ligne de pipes de haut grade, toutes faites main, présentant un très beau grain de bruyère, et une fabrication excellente. Quelle que puisse être votre opinion sur les Barling de cette période, la série Presentation offrait une très agréable expérience de fumage.

En dépit de ces tentatives de diversifier ses lignes, Barling perdit ses parts de marché. Ces pipes n’arrivaient pas à la hauteur de celles de l’époque familiale. En définitive, Imperial Tobacco décida de mettre un terme irrévocable aux activités de Barling au plus tard en 1980.

C’est à ce moment que Ronald Harden, Directeur Général de Barling, tenta de sauver la marque de l’extinction. Suite aux efforts de Mr Harden, Bucktrout and Company achetèrent les droits de la marque Barling et à ce moment l’exploitation fut transférée dans l’Ile de Man avec Mr Harden comme président. L’entreprise fut renommée Barling Pipes Ltd. Désormais, le but était de remettre en place l’ancienne pratique de fabrication de l’époque familiale. De nouveaux équipements furent installés et les pipes furent fabriquées en suivant les modèles de fabrication d’avant la Transition. En 1980, plutôt que de devenir une note en bas de page dans l’histoire de la fabrication des pipes, la nouvelle ligne de pipes Barling fut lancée.

Une partie de la nomenclature Pre-Transition réapparut, par exemple le vieux système des tailles de SS jusqu’au EXEXEL, même si les pipes continuaient à être marquées d’un numéro à quatre chiffres qui en comprenait un désignant la taille. Le logo en capitales « Barling’s Make » fut réintroduit sur les séries de pipes de 1978, bien que le logo soit sur une seule ligne aux lettres non arquées. Et les marquages « Ye Olde Wood » et « TVF » furent ressortis. Barling se positionnait comme une pipe de moyenne gamme et s’y maintint durant une partie des années 90. Plus récemment des pipes bon marché portant le nom de Barling, mais fabriquées par Peterson ont été proposées à la vente aux USA.


Bilan

De nouvelles informations reviennent doucement à la surface, mais nous connaissons seulement une petite partie de l’histoire. Nous espérons que davantage de collectionneurs de Barling soient prêts à partager leurs trésors, afin que l’histoire de cette excellente marque devienne plus claire et s’enrichisse. Nous accueillons toutes les contributions de la communauté des collectionneurs. N’hésitez pas à nous contacter et à nous aider à raconter cette histoire.

Des pipes d’exception ont été fabriquées à toutes les époques. Mais l’excellente vieille bruyère qui était utilisée par la famille durant la période de Pré-Transition offre une expérience de fumage qui ne s’est pas reproduite dans les périodes plus tardives. Encore plus, aucun autre fabriquant ne l’a reproduite. Les légendes ne peuvent être copiées. Les légendes sont uniques.


Sources

1. (Guss) Jonathan Guss - How Many Angels? Another Look At The Barling Transition ©2013 Jonathan Guss - published by Neill Archer Roan on his site “A Passion For Pipes”

2. (Gage) Tad Gage article, Mysterious Barlings, pg.40, Spring 2000 edition of Pipes & Tobacco Magazine.

3. Pipemakers with an unrivalled Reputation: The Barling Story, by Peter Macnab, Tobacco Magazine, November 1982

4. ca. 1918 Barling Catalog

5. 1962 Barling 150th Anniversary Catalog

6. 1962 Barling Retailer Catalog

7. Rare Smoke, Volume 1, by Richard Carleton Hacker

8. Pipe.org forum discussions

9. Several A.S.P posts Michael Lindner, Mel Feldman, and others.

Sources to check

  • "A smoker's guide to Barling" by Tad Gage in "Pipe Friendly" vol. 1, # 3 pp. 7, 1995.

1. Jonathan Guss - How Many Angels? Another Look At The Barling Transition © 2013 Jonathan Guss - published by Neill Archer Roan on his site “A Passion For Pipes”

2. Information and amplification provided by Tad Gage for this article.

Barling Gallery

Barling's Make Baxter & Son Harrogate 1909 with horn stem. Courtesy Blaik-Pipes


1891 EB WB marked Silver Band, Courtesy of Mark Davison who found it while metal detecting at Beggarshouse Lane, Charlwood, Surrey





Example of what is likely a late 19th century pipe that has a block "Barling", not "Barling's Make" logo stamp', courtesy Reborn Briar